Le Québec dans le rouge

Subventions aux entreprises: Trop, c'est trop!

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Dany Doucet

Journal de Montréal, Publié le:

Comme chaque programme vient avec son groupe de pression, il est difficile de couper sans provoquer de réactions chez les principaux intéressés.

© photo les archives, pc

Comme chaque programme vient avec son groupe de pression, il est difficile de couper sans provoquer de réactions chez les principaux intéressés.

Pourquoi le gouvernement provincial subventionne-t-il autant les entreprises québécoises par des programmes de toutes sortes? Avec le retour des déficits, Québec n'a plus les moyens d'en faire autant.

C'est du moins l'opinion des économistes Marcel Boyer et Paul Daniel Muller, qui évaluent que la province paie 3,6 milliards de dollars par année en subventions aux entreprises au moyen de ses 134 programmes de subvention et de crédits fiscaux.

C'est plus du double des subventions que l'Ontario accorde aux entreprises, ce qui n'a guère de sens en considérant la taille différente des deux économies.

Selon eux, il serait réaliste de retrancher au moins le tiers de ce montant sur quatre ans et de retourner ainsi 1,25 milliard dans les coffres de l'État.

Cela risque d'engendrer des mises à pied dans certaines entreprises qui survivent artificiellement, mais cela n'est rien de bien inquiétant quand on sait que l'enjeu des prochaines années deviendra pour elles la rareté de la main-d'œuvre. Malgré tout, les économistes conseillent de prévoir 250 millions de dollars pour créer des programmes de formation professionnelle, ce qui laisse une économie nette d'un milliard.

Cela dit, ce ne sera pas simple, sur le plan politique, de couper le cordon ombilical.

« Il existe toute une industrie du "développement économique" qui fait vivre consultants et fonctionnaires, tout cela sur le bras du contribuable », écrivent les économistes.

De plus, « une fois un programme de subvention établi, estiment-ils, il devient difficile d'y mettre fin parce que la clientèle qui en profite fera des pieds et des mains pour conserver ses privilèges ».

Et peut-être y aura-t-il aussi des menaces de déménagement ou de fermeture, comme on l'a déjà vu. Le Québec est vulnérable sur ce plan, à cause de la compétition que mènent d'autres États pour attirer des industries, c'est pourquoi on ne peut pas tout couper trop vite, selon les économistes.

Le pire dans tout ça, c'est qu'il est difficile de pointer les programmes qui fonctionnent vraiment par rapport à ceux qui ne sont qu'une fenêtre par laquelle on lance de l'argent.

Le gouvernement n'est pas équipé de mesures de contrôle efficaces. « Plus souvent qu'autrement, les évaluations de ces programmes sont truffées d'un double, voire d'un triple comptage des résultats » pour justifier des programmes qui n'ont pas de raison logique d'exister.

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