porno juvénile : Conseiller pédagogique accusé

La CS tenue dans l'ignorance

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Jean-Luc Lavallée @

Journal de Québec, Publié le:

Par sa porte-parole, la Commission scolaire des Navigateurs a déploré ne pas avoir été informée des accusations de possession de pornographie juvénile portées contre l'un de ses conseillers pédagogiques.

© Stevens LeBlanc

Par sa porte-parole, la Commission scolaire des Navigateurs a déploré ne pas avoir été informée des accusations de possession de pornographie juvénile portées contre l'un de ses conseillers pédagogiques.

La Commission scolaire des Navigateurs n'a jamais été informée qu'un de ses conseillers pédagogiques a été accusé, il y a plus de huit mois, de possession de pornographie juvénile.

C'est Le Journal de Québec qui a alerté par hasard la commission scolaire en cherchant à savoir si le présumé pédophile de 54 ans faisait l'objet de mesures disciplinaires. Jacques Corriveau, un ex-enseignant devenu conseiller pédagogique en 2004, fait face à un chef d'accusation de possession de matériel pornographique juvénile depuis juin 2009.

Le résident de Lévis avait été arrêté par la police de Québec, en avril 2009, à la suite d'une dénonciation provenant d'un commerce de réparation informatique. En cour vendredi dernier, son avocat a annoncé son intention de « disposer » du dossier le 29 juin 2010. Dans le jargon juridique, cela signifie que son client prévoit plaider coupable. Incidemment, un tel plaidoyer s'accompagne automatiquement d'une sentence minimale de 45 jours de prison.

« Ce monsieur-là n'avait aucune tache à son dossier. On est très étonnés de cette nouvelle-là et on est aussi très étonnés de l'apprendre par vous. Ça n'a pas de bon sens qu'on ne l'ait pas su. », a réagi la porte-parole de la Commission scolaire des Navigateurs, Louise Boisvert, cherchant à comprendre comment un tel impair a pu se produire.

Pas de contacts à l'école

Dans le cadre de ses fonctions, le conseiller pédagogique travaille au centre administratif de la commission scolaire, mais il est appelé à se déplacer dans les écoles pour offrir son soutien aux enseignants sur le terrain. Heureusement, Jacques Corriveau n'était pas en contact avec des élèves depuis son arrestation, puisqu'il est en arrêt de travail prolongé depuis novembre 2008, ce qui coïncide avec la fin prématurée de son affectation temporaire au MELS.

« Techniquement, monsieur n'était pas à notre emploi à ce moment-là. Il était en prêt de service au ministère de l'Éducation depuis 2006 pour travailler sur des dossiers portant sur l'éducation physique et la santé, a précisé Mme Boisvert. En principe, il aurait pu revenir chez nous, mais monsieur est tombé en congé de maladie. Mais c'est clair qu'il ne serait pas revenu sans qu'on sache pourquoi ils avaient mis fin à son contrat, ce qu'on n'a pas su. On le lui a demandé et on n'a toujours pas eu de réponse de sa part. »

Obligé de le dire

L'individu avait « l'obligation d'aviser son employeur » selon le capitaine Gino Lévesque, de la police de Québec, qui invoque la Loi sur l'instruction publique. L'accusé s'expose à une suspension ou à un congédiement. Il bénéficie actuellement de l'assurance salaire. « Étant donné qu'on vient juste de l'apprendre, il faut qu'on évalue ça. Aux ressources humaines, ils évalueront l'ensemble du dossier et ça devrait aller rapidement », a dit la porte-parole de la commission scolaire.

La police de Québec n'a pas avisé la commission scolaire, puisqu'elle ignorait l'existence de ce lien d'emploi. « Pour nous, l'entente multisectorielle (qui prévoit des mécanismes pour aviser les intervenants du milieu scolaire) ne s'appliquait pas, parce que c'était un fonctionnaire de l'éducation, qu'il était en arrêt de travail et rien n'indiquait qu'il pouvait être en contact avec des élèves », a répondu en soirée M. Lévesque, expliquant ainsi comment l'individu a pu se faufiler dans les mailles du filet.

Le Journal a également appris la nouvelle au MELS, qui a préféré ne pas commenter.

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