Chantier davie

«Quel beau gâchis!»

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Annie St-Pierre @

Journal de Québec, Publié le:

La Ligue des contribuables dit qu'il serait préférable de cesser immédiatement le financement à la Davie et de le donner aux travailleurs afin qu'ils puissent se trouver un autre emploi.

© Stevens LeBlanc

La Ligue des contribuables dit qu'il serait préférable de cesser immédiatement le financement à la Davie et de le donner aux travailleurs afin qu'ils puissent se trouver un autre emploi.

Les nouveaux déboires financiers du chantier maritime Davie, à Lévis, inquiètent grandement certains économistes et la Ligue des contribuables, qui estiment que toute autre forme d'aide gouvernementale à cette entreprise est totalement inacceptable.

« C'est extrêmement inquiétant ce qui se passe à ce chantier maritime. On a mis des sommes astronomiques en fonds publics dans cette entreprise depuis des années. Quel beau gâchis! », déplore Claire Joly, directrice de la Ligue des contribuables du Québec, réagissant au recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies de Davie, qui vient de remercier 1 600 travailleurs.

Mme Joly est loin d'être rassurée par les propos du ministre provincial Sam Hamad, tenus jeudi, de ne pas engager d'autres financements dans le chantier Davie, à Lévis.

« M. Hamad a dit la même chose en décembre 2008 et, pourtant, Investissement Québec a réinjecté de l'argent dans cette entreprise quelques mois plus tard seulement, observe Mme Joly. On espère, cette fois, qu'il ne changera pas d'avis. »

Financement aux travailleurs

Rappelons que le chantier maritime Davie a bénéficié d'un soutien financier de diverses formes totalisant 538 millions de dollars depuis septembre 2008 pour réaliser deux contrats de construction de cinq navires. Ces bateaux étaient initialement estimés à 592 millions de dollars.

La Ligue des contribuables dit qu'il serait préférable de cesser immédiatement le financement à cette entreprise et de le donner aux travailleurs afin qu'ils puissent se trouver un autre emploi.

« C'est une très mauvaise idée de garder en vie inutilement des canards boiteux. Les gouvernements ont surtout tendance à prendre des décisions politiques plutôt qu'économiques », ajoute Mme Joly.

Elle parle d'une attitude irresponsable qui entraîne un gaspillage de fonds publics.

Rebondir

Michel Boucher, professeur à l'École nationale d'administration publique, renchérit en disant que les gouvernements sont pris dans un engrenage interminable avec les chantiers maritimes Davie.

« D'une part, parce que, inévitablement, le problème rebondira sur le dos du gouvernement fédéral, qui a consenti des prêts aux clients de Davie afin de financer leurs bateaux », exprime-t-il.

D'autre part, le ministre Hamad a beau clamer que Québec ne versera plus aucun sou, « il a déjà tenu ce discours sans tenir parole », affirme M. Boucher.

Comme Investissement Québec est l'un des principaux créanciers de Davie, le gouvernement est lié légalement au chantier et devra trouver une solution.

« C'est toujours la même histoire avec Davie. Il faudra que ça finisse à un moment donné, dit M. Boucher. On a beau créer des emplois, ce sont des emplois fictifs financés avec notre argent », dénonce-t-il.

annie.saint-pierre@journaldequebec.com

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