Éducation

Plus de professionnels pour prévenir le décrochage

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Diane Tremblay @

Journal de Québec, Publié le:

Il faudrait 1 300 professionnels de plus dans le système d'éducation au Québec pour pallier les besoins les plus urgents et ainsi contrer le décrochage scolaire.

Les orthophonistes, psychoéducateurs, psychologues et conseillers en orientation sont littéralement débordés. Non seulement les cas sont de plus en plus lourds, mais leurs conditions de travail ne sont pas toujours évidentes.

La Fédération des professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ) a consulté ses membres pour connaître le pouls exact de la situation. Le résultat n'est guère réjouissant. Les listes d'attente s'étirent à n'en plus finir, à tel point que des enfants n'auront pas la chance d'obtenir un rendez-vous avant la fin de l'année scolaire.

Pour le président de la FPPE, M. Jean Falardeau, ce constat est lourd de conséquences. « La situation n'est pas drôle pour les professionnels, mais elle est tragique pour les élèves qui sont des laissés-pour-compte alors qu'ils ont besoin de services. Trop souvent, ça mène au décrochage et à l'échec scolaire », a-t-il dit.

Mission impossible

Dans certains cas, les professionnels n'ont carrément pas le temps de faire le suivi de leur plan d'intervention. La concertation entre les intervenants est pratiquement impossible lorsque chacun doit visiter sept ou huit écoles quand ce n'est pas davantage.

Face à cette réalité, bien des parents se tournent vers le privé, mais à quel prix? Les tarifs d'une orthophoniste en pratique privée peuvent s'élever jusqu'à 105 $ l'heure.

« On arrive à un système à deux vitesses. C'est clair que ce n'est pas tous les parents qui ont l'argent pour payer ça », a ajouté M. Falardeau.

De Portneuf à Charlevoix, on dénombre, à l'heure actuelle, 600 professionnels dont 250 sont affectés aux services aux élèves. Les autres, conseillers pédagogiques pour la plupart, sont requis pour soutenir les enseignants dans l'application de la réforme scolaire.

Pour aller de l'avant avec la proposition de la Fédération, il en coûterait 65 millions de dollars de plus au gouvernement. Pour éviter que l'argent ne soit utilisé pour acheter des photocopieurs plutôt que d'embaucher des professionnels, la Fédération suggère que les sommes ciblées soient inscrites aux conventions collectives.

Les professionnels n'ont toujours pas digéré «l'oubli » de la ministre de l'Éducation, Mi­chelle Courchesne, qui a omis de les inclure comme acteurs dans sa stratégie vers la persévérance scolaire.

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