En donnant le signal de départ aux 1 000 participants du Tour du silence, chapitre Québec, mercredi soir, à l'Université Laval, le premier ministre Jean Charest a lancé un appel à la prudence pour tous les usagers de la route. Une randonnée similaire s'est déroulée dans 13 autres villes du Québec, des milliers de cyclistes fidèles au rendez-vous dans un esprit de recueillement pour les victimes passées et de sensibilisation à la sécurité.
« En 2007, j'avais fait un commentaire qui avait suscité beaucoup de réactions. J'ai dit qu'il fallait changer notre culture de conduite automobile, au Québec. On a encore du chemin à faire. On a encore bien du travail à faire pour adapter notre culture sur les routes du Québec ».
Accompagné de Jean-Marie De Koninck et de la ministre des Transports Julie Boulet, M. Charest a souligné que le tragique accident de la semaine dernière, en Montérégie, avait beaucoup marqué l'imaginaire collectif.
« Ce fut un dur rappel à ceux qui sont sur la route des dangers que ça représente, pour les cyclistes en particulier. J'ai accepté l'invitation de Louis Garneau parce que c'est l'occasion, avec la saison qui commence, de dire aux Québécois d'être très prudents. »
La réponse des citoyens, qui se sont déplacés en très grand nombre, a surpris le premier ministre. Le groupe a observé une minute de silence avant de recevoir la bénédiction du père Jean-Marc Boulé, directeur général du Séminaire Saint-François.
Signal fort
« Je suis impressionné de voir autant de monde. Ça envoie un signal fort. Sans doute, ils y voyaient une occasion de manifester leur solidarité pour ceux qui ont perdu la vie. C'est un symbole important. Il va y avoir davantage de cyclistes. Il n'en aura pas moins. Plus les gens adoptent un mode de vie différent, plus il y en aura. Alors il faut changer nos habitudes. Ce n'est pas tout le monde qui va faire du cyclisme sur un circuit fermé », a ajouté M. Charest.
Le chef libéral a été interpellé par Jean Furois, victime d'un grave accident de vélo qui lui a fait perdre une jambe. Ce dernier a plaidé pour le port du casque obligatoire, une pièce d'équipement qui lui a sauvé la vie.
« Un accident n'a pas diminué ses convictions. C'est un très bel exemple », a noté le premier ministre.
En 2009, 16 cyclistes sont décédés sur nos routes, soit quatre de plus qu'en 2008.