Malgré l'appel d'un policier qui remet en question les résultats de l'opération Marteau
Enquête publique: les libéraux inflexibles
© Daniel Mallard
Malgré l'intervention du président de l'Association des policiers provinciaux lors d'un rassemblement de députés et syndicalistes sur le parvis de l'Assemblée nationale, quelques minutes avant le vote, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, est resté de glace.
« On me dit qu'il y a des petits poissons qui auraient été saisis. Est-ce qu'on est loin des requins blancs? » a dit le président de l'Association des policiers provinciaux sur le parvis de l'Assemblée nationale, quelques minutes avant le vote.
Ce dernier prenait part à un grand rassemblement des députés du Parti québécois, des indépendants Éric Caire et Marc Picard, du député de Québec solidaire, Amir Khadir, de la présidente de la CSN, Claudette Charbonneau, de la présidente du Syndicat de la fonction publique (SFPQ), Lucie Martineau, et du porte-parole du Regroupement corruption zéro, Ryan Hillier, qui avait pour but de faire changer d'avis les libéraux, sans succès.
Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, est toutefois resté de glace aux arguments du président du Syndicat des policiers provinciaux, répétant que les enquêtes de la Sûreté du Québec donnent bel et bien des résultats.
« M. Dagenais devrait savoir, puisqu'il est policier, qu'il y a des enquêtes qui sont longues, d'autres qui sont plus courtes, mais il y a des enquêtes qui peuvent prendre un certain temps, mais qui donnent des résultats, et surtout, qui démontrent à des gens qui seraient tentés d'accomplir des actes de corruption, de collusion, de contourner les lois, que lorsqu'on le fait, on va avoir la police à ses trousses », a-t-il précisé.
Pauline Marois a, quant à elle, assuré qu'elle ne lâcherait pas prise, même si elle n'avait pas de « plan B » pour le moment quant aux moyens envisagés pour faire plier le gouvernement. « C'est évident qu'on ne va pas lâcher », a-t-elle prévenu, sans vouloir élaborer sur la stratégie de l'opposition officielle pour les quelque jours restant à la session parlementaire avant le congé estival.
59 contre 54
Sans surprise, la motion réclamant la tenue d'une commission d'enquête publique sur l'ensemble des allégations liées à l'industrie de la construction, à l'octroi de contrats gouvernementaux, de permis ou de subventions ainsi que sur le financement des partis politiques a ainsi été battue par 59 voix contre 54.
Signalons l'absence du député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, dans les rangs libéraux, du ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, et du ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, qui n'a pu voter puisqu'il est arrivé en retard.
Autre absent, le député adéquistes François Bonnardel. Même s'ils n'étaient pas de la coalition des partis d'opposition, les trois autres députés de l'ADQ ont voté en faveur de la motion.