Éducation
Génération de tricheurs
Une enquête réalisée par le CCA auprès de 20 000 étudiants, issus de 11 établissements d'enseignement postsecondaire canadiens, dévoile des données plutôt troublantes quant à la malhonnêteté scolaire au Canada.
Selon les résultats de cette étude, 73 % des étudiants de première année universitaire avouent avoir commis un acte grave de tricherie durant leurs études secondaires dans le cadre de travaux écrits. De plus, 60 % d'entre eux auraient même triché aux examens.
Explosion des cas
Entre 2003 et 2006, les cas de tricherie auraient augmenté de 81 %. Le plagiat de contenu provenant d'Internet aurait quant à lui triplé.
En contrepartie, 41 % des professeurs interrogés admettent avoir ignoré des cas de malhonnêteté scolaire. Cette donnée découle d'une série d'enquêtes portant sur des institutions postsecondaires américaines et canadiennes parues dans un article du Carnet du savoir du CCA.
Lorsqu'il a corrigé les travaux de ses étudiants de 2e cycle, l'enseignant Pierre Lainey a constaté que trois d'entre eux s'étaient approprié des écrits déjà publiés, sans citer la source.
M. Lainey offre alors une seconde chance aux fautifs en leur permettant de refaire un autre travail. Il demande à tous ses étudiants ayant possiblement commis un acte de tricherie de se dénoncer par courriel après la séance.
«Le soir venu, près de la moitié de mes étudiants m'avaient écrit», se désole
M. Lainey. Conséquence: les travaux pratiques ont été éliminés pour privilégier les examens.
Une occasion d'éduquer
«Copier, c'est tricher ! S'approprier le bien intellectuel d'une autre personne est inacceptable et doit être sanctionné et non toléré», lance fermement Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise de la direction d'établissements d'enseignement (FQDE).
Mme Longpré croit que «l'enquête révélée par la CCA est une belle occasion d'éduquer la population quant à la propriété intellectuelle et de conscientiser les enfants».
Afin de tempérer l'envie de tricher des étudiants, de les conscientiser et de développer leur pensée critique, Mme Longpré est d'avis, tout comme le CCA, qu'il est nécessaire d'améliorer la sensibilisation contre le plagiat à partir d'Internet et d'adopter un code de conduite clair quant à la définition de ce qu'est la malhonnêteté scolaire.