«C'est un moment de répit. Un moment d'amusement. Ça nous montre que ce n'est pas juste du négatif, la maladie. Nos enfants ont le droit de s'amuser. On les voit rire, on les voit sourire et on rit nous aussi!»
Josée Gravel est arrivée du Saguenay, dimanche, afin de participer pour la troisième année d'affilée au camp Vol d'été de Leucan, qui se tient au Centre de plein air Le Saisonnier, à Lac-Beauport. Elle y est avec son mari, son fils et sa petite Kéliane, cinq ans, en rémission d'une leucémie qui a perturbé leur existence en 2007.
« On peut décrocher. On rencontre ici d'autres parents qui vivent la même situation que nous. Dans le quotidien, des fois, on parle de la maladie de nos enfants et les gens ne comprennent pas toujours toutes les difficultés que ça entraînent. Ici, on peut tous se parler et on a tous des points en commun, on a tous un enfant malade. Et en plus, on s'amuse », explique la maman.
Plus d'une centaine de familles de partout au Québec, dont l'un des enfants est atteint ou a été atteint d'un cancer, prennent part chaque année à l'une des deux semaines de vacances proposées par Leucan, qui se terminent vendredi.
Prise en charge
Durant ce repos, une soixantaine de bénévoles s'occupent de tout − repas, activités à l'horaire, médicaments des enfants, etc. − de manière à laisser souffler les parents.
« On les prend en charge. On veut aussi briser l'isolement. Les familles touchées par la maladie sont coupées du réseau social, des amis, se sentent un peu exclues. C'est du soutien par les pairs », avance Karina Corola, conseillère aux programmes sociorécréatifs pour Leucan, qui organise ce camp depuis 25 ans.
Insectes!
Des moniteurs trimbalent ainsi les enfants, séparés en des groupes selon leur âge, et les parents, regroupés tous ensemble, d'une activité à une autre en fonction d'une thématique. Cette année, ce sont les insectes qui sont à l'honneur.
« Toutes nos activités ont un lien avec les insectes. On a des décors, des costumes, les groupes ont des cris d'équipes. Ça crée un peu la magie du camp », explique Maryline Delisle, alias Ti-Boutte, qui est responsable des moniteurs.
C'est en suivant cette logique que le hockeyeur Simon Gagné s'est déplacé, hier, pour visiter le camp et prendre part à une dégustation... de grillons au chocolat.
« C'est le fun de voir les jeunes avoir du plaisir comme ça. C'est la place idéale pour les jeunes atteints du cancer pour oublier la maladie. Ça donne envie de pousser encore plus pour amasser des fonds », avance le papa d'un gamin de 14 mois, qui participe activement aux campagnes de souscription pour Leucan depuis près d'une dizaine d'années.