Bien qu'il ait usurpé le logo du gouvernement et laissé entendre qu'il représentait le fisc, l'auteur de cette publicité trompeuse s'en est tiré avec une tape sur les doigts.
Aucune accusation criminelle ne sera déposée contre l'expéditeur de la lettre litigieuse, a déclaré au Journal un porte-parole de Revenu Québec, mercredi, en ajoutant que l'affaire s'était réglée « à l'interne ».
« Revenu Québec a ouvert rapidement une enquête et un avertissement aux restaurateurs a été rédigé et mis en ligne sur le site Internet du ministère. Nos enquêteurs ont identifié l'expéditeur de la lettre et l'ont rencontré. Par la suite, Revenu Québec a pris des mesures pour faire cesser ces envois », a expliqué Dany Lapointe, sans élaborer sur ces mesures.
À l'Association des restaurateurs du Québec, on espère que les membres n'ont été bernés. « C'est évident qu'il y a des entreprises qui veulent profiter de la manne. Ce n'est pas un investissement modeste. On parle de plusieurs milliers de dollars par restaurateur pour se conformer aux mesures », a commenté François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'ARQ.
Ce dernier s'est dit heureux que Québec ait accepté d'offrir des subventions pour que les restaurateurs n'aient pas à « assumer seuls les coûts du MEV ». Mais si l'ARQ souscrit aux objectifs de récupération fiscale du gouvernement, ses membres ne digèrent pas d'être « les seuls » commerçants à faire l'objet de pareille mesure.
« Et surtout, les honnêtes restaurateurs n'acceptent pas de payer la facture pour les malhonnêtes. Il faut se demander si ça rapportera les résultats escomptés. Ce serait frustrant d'avoir fait tout ça pour rien. »