Rien ne sert de courir, il faut partir à point, raconte la fable du lièvre et de la tortue. Louis-Philippe Garnier a appliqué à sa façon cette même stratégie, hier, au Marathon des Deux Rives SSQ, coiffant ses rivaux dans les derniers kilomètres et remportant sa première victoire dans les rues de la capitale nationale.
Sous un soleil de plomb, le marathonien de 45 ans a raconté, un brin fier, comment il était parvenu à quitter sa quatrième position, en route pour une remontée victorieuse. « Je voulais passer le demi (marathon) en 1 h 18 min et je l'ai fait en 1 h 19 min. Après, ça m'a permis d'avoir encore de l'énergie quand j'étais sur le boulevard Champlain », a raconté le Montréalais.
« J'étais quatrième à 10 km et j'ai rattrapé un premier gars, le gagnant de l'année passée. Après, les autres gars étaient loin, mais j'ai réussi à me rapprocher. J'ai passé le meneur à deux kilomètres de l'arrivée. Ces gars étaient rapides, mais, moi, je suis vraiment endurant », a poursuivi Garnier, lauréat de trois podiums au marathon de Québec.
Au final, Garnier a croisé le fil d'arrivée sur la rue Saint-Paul après un effort de 2 h 39 min 29 s, bien loin du 2 h 27 min du vainqueur de 2009, David Savard-Gagnon. « Ça a été très, très, très difficile. J'ai géré ma course comme je pouvais la courir. Les gars en avant étaient très rapides. Je l'ai fait à mon rythme. »
Johann-Alex Salazar, de Québec, a suivi 52 secondes plus tard. La troisième place est revenue à l'Antillais Zepherinus Joseph, avec un chrono de 2 h 50 min 45 s.
Et de quatre!
Chez les dames, c'est une habituée de la plus haute marche du podium du Marathon des Deux Rives qui s'est pointée la première au fil d'arrivée. Nathalie Goyer, gagnante des éditions 2005, 2006 et 2007, a répété ses exploits dans les rues de Québec et Lévis pour la quatrième fois.
« Je savais que ce serait difficile. J'avais des fantômes à combattre, car, il y a deux ans, j'étais tombée sur le parcours. Alors, tant que j'avais pas le fil d'arrivée devant moi, je n'y croyais pas », a soutenu la marathonienne de Saint-Bruno-de-Montarville, qui a bouclé le trajet en 2 h 57 min 42 s.
La Rimouskoise Mélissa Chénard a pris la deuxième position, nonobstant le fait qu'elle prenait part à son premier marathon à vie. « Les 10 derniers kilomètres ont été magiques. Il faut le vivre », a dit, tout sourire, la femme qui habite maintenant Québec, à propos de son premier succès marathonien.