Lucien Bouchard et le Gaz de schiste

Le développement de l'industrie dans le respect de l'intérêt public

Agence QMI

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L'ancien premier ministre Lucien Bouchard se défend de jouer un rôle politique dans le dossier des gaz de schiste.

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L'ancien premier ministre Lucien Bouchard se défend de jouer un rôle politique dans le dossier des gaz de schiste.

MONTRÉAL | Dans sa première entrevue depuis sa nomination à la tête de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), l'ancien premier ministre Lucien Bouchard a affirmé sur les ondes de RDI, hier soir, qu'il est impensable de développer l'industrie du gaz de schiste sans le respect de l'intérêt public.

« Je suis convaincu que les industriels ne pourront jamais développer cette ressource s'ils ne subordonnent pas leurs intérêts à l'intérêt du public [.]; sinon il n'y en aura pas de développement », a précisé Lucien Bouchard. Se défendant de jouer un rôle politique dans ce dossier qu'il avoue être très délicat et controversé, M. Bouchard se voit davantage comme un négociateur. Son mandat ne réussira, a-t-il dit, que si les enjeux des deux côtés se trouvent conciliés.

Refusant d'être un simple porte-parole de l'industrie, il a précisé que ses clients devront accepter un repositionnement, accepter de revoir leurs pratiques.

Rapport à venir

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) doit remettre son rapport, la semaine prochaine et, à ce sujet, M. Bouchard a dit que l'industrie du gaz de schiste doit s'attendre à des exigences élevées.

« J'ai dit à mes clients : préparez-vous, ça va être très dur », a-t-il ajouté. Sans rejeter le moratoire demandé par une grande partie du public, il juge que ce n'est pas une solution magique. « Le grand problème, a-t-il souligné, c'est que tout le monde veut un moratoire, c'est le mot-clé. »

La vraie question, a-t-il évoqué, c'est de se demander si on peut faire le développement des ressources correctement. Reconnaissant qu'il y a actuellement de l'incertitude à ce sujet, il propose de se donner une période d'approbation. « Il y a mieux qu'un moratoire, ce serait de convenir d'un programme où on travaillerait sur les puits déjà forés, pour permettre aux gens de voir si la ressource est exploitable. »

Augmentation des redevances

Plusieurs voix ont décrié, depuis les derniers mois, les redevances nettement insuffisantes versées par l'industrie au gouvernement. M. Bouchard abonde en ce sens : si les redevances exigées par d'autres gouvernements sont plus élevées, il ne voit aucun problème à ce que le Québec s'en inspire et ajuste les siennes, sans toutefois préciser quel modèle il suivrait.

« Au nom de l'intérêt public, il faut les augmenter [les redevances], il faut les changer, a-t-il déclaré. Mes clients doivent s'attendre à satisfaire à des exigences plus au niveau des autres. »

Quant à la possibilité de nationaliser cette industrie, comme le fut naguère l'hydroélectricité, le nouveau président de l'APGQ envisage plutôt d'examiner la mise en place éventuelle de partenariats. « Je pense qu'on peut convaincre l'industrie que l'État soit partenaire », a-t-il suggéré.

Industrie de la construction

Dans un tout autre dossier, celui de l'industrie de la construction, l'ex-premier ministre a indiqué que maintenant, il demanderait une commission d'enquête sur cette industrie s'il était au pouvoir, et ce, afin de clarifier les perceptions des Québécois.

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