La controverse sur la commémoration de la bataille des Plaines laisse un goût amer à Michel Leullier, qui part pour la retraite.
Après 24 ans à la tête de la Commission des champs de bataille nationaux, Michel Leullier tire sa révérence. Fier des réalisations accomplies pendant son mandat, il conserve néanmoins un goût amer de la controverse soulevée par la commémoration de la bataille des Plaines d'Abraham, qui était supposée avoir lieu cet été.
« C'est certain que cela nous a déçus. Il y a peut-être eu quelques mots utilisés qui n'auraient pas dû l'être. On a quelque peu fait des erreurs là-dessus », a confié M. Leullier, qui quittera ses fonctions de secrétaire à la Commission des champs de bataille, la semaine prochaine.
M. Leullier reconnaît que la manière de présenter le 250e anniversaire de la défaite des Français aux mains des Anglais aurait pu être différente.
Dès 2007, la Commission avait annoncé son intention de souligner cet événement. À l'époque, il n'y avait eu aucune réaction, de sorte que, lorsque l'histoire a refait surface dans les médias, en janvier, cela a été l'étonnement général pour M. Leullier et son équipe.
« Ce qui est triste, c'est qu'on nous a prêté des intentions politiques alors que ce n'était tellement pas ça », a renchéri Mme Louise Germain, secrétaire adjointe.
Volet éducatif
La présentation de reconstitutions historiques est chose commune à la Commission des champs de bataille, qui a mis beaucoup d'effort, au cours des dernières années, pour mettre en valeur le volet éducatif. À trois reprises, dans le passé, les résidants de Québec, ainsi que les touristes, ont eu droit à l'assaut de la Capitale avec des soldats, des campements et tout le tralala. Tout cela sans provoquer la moindre controverse.
« Mais ce n'était pas la bataille des Plaines. On n'aurait jamais pensé que ça pourrait prendre cette ampleur-là », a ajouté Mme Germain, qui prendra la relève en attendant que le successeur de M. Leullier soit connu. La nomination du nouveau secrétaire sera annoncée éventuellement par le Bureau du conseil privé, à Ottawa.
Le départ de M. Leullier n'a rien à voir avec cette saga, maintenant terminée. Ce dernier soutient qu'il avait fait part de son intention de prendre sa retraite à son employeur au mois d'octobre, soit bien avant que la controverse n'éclate.