De minute en minute
Le Moulin à paroles en direct sur le site Internet du Journal
Le Journal
2H35 : Le premier des trois cycles du Moulin à paroles s'achève à l'instant comme il a commencé. On boucle la boucle avec des chants amérindiens et avec Sébastien Ricard qui lit un texte de son père, André, portant sur l'avenir de la nation québécoise. Ce fut un plaisir et un privilège d'échanger avec vous et de réaliser ce direct sur le site Internet du Journal de Québec. N'hésitez pas m'écrire par courriel. Au plaisir de vous retrouver. Bonne nuit ou bonne journée.
2h15 : Les Loco Locas réveillent tout le monde en entonnant la très belle Paix des braves. Luc Picard nous lit actuellement une lettre de Pierre Falardeau écrite à son fils au moment du référendum de 1995. « Il y a plus grave que la mollesse des chefs, c'est la mollesse du peuple », dit M. Falardeau.
2H05 : Paul Piché et Elhadji Diouf ont finalement passé leur tour. Dommage. J'espère les voir demain. « Mais nous sommes déjà demain », vous entends-je dire, petits comiques.
1H55 : L'animatrice Julie Snyder lit un texte récent de Abla Faroud. L'auteure imagine un dialogue entre deux immigrants qui parlent de la question de l'indépendance du Québec. « Le peuple boit sa bière et écoute la télévision », dit un des deux à l'autre. Dans un beau moment de communion, Julie Snyder et le public réalisent en même temps le poids de cette phrase lorsque lue par une femme à qui il arrive d'attirer deux millions de Québécois devant le petit écran certains dimanches soir. Tout le monde se met alors à rire, y compris Mme Snyder.
1H45 : Paul Piché et Elhadji Diouf vont bientôt chanter La comète, un texte de Dédé Fortin qui a fait beaucoup parler au cours des dernières semaines. Les quelques dizaines de courageux qui restent encore sur place devraient apprécier. Et, pour ne rien vous cacher, moi aussi.
1H40 : Sur Twitter, certains commencent à remercier (ironiquement) le ministre Sam Hamad d'avoir assuré une incroyable publicité au Moulin à paroles.
1H30 : Erreur de ma part, il y a 156 textes qui sont lus au Moulin à paroles et non pas 146. Merci à Mario Asselin qui me l'a précisé sur Twitter, alors que je pensais - prétentieux - le corriger. Il reste donc une quinzaine de textes. Louise Portal vient de nous réchauffer le coeur avec L'âme à la tendresse de Pauline Julien. On en a bien besoin, car il fait de plus en plus froid. Quel contraste avec le début de l'après-midi de samedi.
1h15 : Le sympathique « Gorge profonde » m'a donné l'information à 23 h 20. Le temps que je vérifier le tout avec la police, j'ai pu l'ajouter in extremis pour l'édition papier tout juste avant le bouclage du Journal. La voici. « Un appel à la bombe - La police de Québec a reçu un appel à la bombe, hier (samedi) soir, vers 21 heures. « L'appel est venu d'une cabine téléphonique du secteur de la haute ville. Un homme parlait d'une bombe qui allait exploser dans les 60 minutes (dans le secteur des plaines) », nous a fait savoir le lieutenant André Turcotte, de la police de Québec. Un individu a été interpellé en lien avec cette histoire. Les policiers de Québec et la police des plaines ont jugé que la situation était son contrôle et qu'aucune évacuation n'était nécessaire. Sur place, les spectateurs n'avaient pas été informés de cette histoire, hier (samedi) peu avant minuit. » J'en ai parlé à Biz vers minuit. Ce dernier a préféré ne pas commenter l'information. Et pour être tout à fait juste, je dois vous avouer que je n'ai pas ajouté « dans le secteur des plaines » dans la version envoyée à mon journal. Une erreur qui me désole profondément maintenant que j'ai le temps de me relire.
1 h du matin : Il reste 13 textes à lire. Robert Lepage a effectué un passage remarqué que je n'ai malheureusement pas pu bien entendre (occupé que j'étais à écrire les derniers posts). Je vous donne un scoop dans 10 minutes. Restez debout.
Minuit 50 : Avant de débuter la lecture d'une lettre du tribun Pierre Bourgault, le porte-parole du Réseau de résistance du Québécois Patrick Bourgeois s'est présenté ainsi : « Je suis le faux terroriste qui fait trembler les biens-pensants de tous les partis ». À la fin du discours de Bourgault, qui aurait pu au passage être écrit par Bourgeois en changeant quelques noms, des militants crient que : « le peuple uni, jamais ne sera vaincu ».
Minuit 40 : La lettre de Pierre Laporte à Robert Bourassa - lue par Jean Barbe - a été accueillie dans un silence que je pourrais qualifier de religieux. On a senti tout le poids de l'histoire dans cet appel de détresse.
Minuit 30 : Luck Mervil a commencé la lecture du fameux manifeste du FLQ à minuit 13. Sa prestation est allée crescendo. Sobre au début, il a montré toute sa fougue au moment de conclure par un Vive le Québec libre! retentissant. Portant fièrement le drapeau des Patriotes, quelques indépendantistes ont entonné fortement le « nous vaincrons ». Autre chose : même si je déteste les théories du complot, je ne peux que m'interroger sur le moment du début de lecture du manifeste, tout juste après l'heure de tombée des journalistes du papier... Dommage pour les lecteurs du dimanche matin.
Minuit 10 : Auto-plogue, voici quelques uns de mes papiers portant sur le Moulin à paroles écrits pendant que je faisais des infidélités aux internautes au profit de l'édition papier du Journal : Les festival des mots http://lejournaldequebec.canoe.ca/journaldequebec/actualites/faitsdiversetjudiciaires/archives/2009/09/20090912-232716.html et les ténors souverainistes : http://lejournaldequebec.canoe.ca/journaldequebec/actualites/national/archives/2009/09/20090913-000354.html
23 h 10 : Mon concurrent et néanmoins ami Ian Bussières (Le Soleil) me donne un cours accéléré pour que je comprenne (un peu) Denis Vanier. Il sait capter mon attention en me parlant du Clitoris de la fée des étoiles, le titre d'un de ses ouvrages (de Vanier, pas de Bussières). Un texte de ce poète québécois décédé en l'an 2000 (Merci Wikipédia) sera lu tout à l'heure.
22H50 : On dirait bien que mon chantage sentimental a eu son effet. La fidèle Hortensia de Montréal me dit ceci : « C'est honteux faire du chantage sentimental comme ça. Reste donc puisque tu as la chance d'être là. Je sais que si j'étais à Québec, je resterais tard. Mais peut-être pas toute la nuit. Va au moins une fois jusqu'à la fin de tous les textes. Quitte à revenir demain pour la fin de l'événement. » Vallier Lapierre me glisse gentiment : « Allez. Lâches pas. Tu es capable ». De Rimouski, le professeur Jean Bernatchez replace ma décision dans un contexte historique qui me donne presque le vertige. « Persévérez. Vous serez celui qui aura couvert en direct les actuelles Nuits de la poésie ! Pas mal plus important que ce que l'on retrouvera demain dans Le Journal. » Je me rends donc aux arguments d'Hortensia et je reste jusqu'à la fin des premiers textes. Nous arrivons en ce moment à l'époque contemporaine et le manifeste du FLQ sera lu dans une vingtaine de textes (quelque part vers 23h30 probablement). Les organisateurs maintiennent que les textes seront lus à trois reprises et qu'ils vont rattraper le retard qui a été pris. Le tout se termine demain (dimanche) à 15 heures.
21H30 : Je m'excuse de vous négliger ainsi, chers internautes. Les textes pour l'édition papier sont évidemment prioritaires. Les heures de tombée et la machine nécessaire à la mise en page me commandent de travailler d'abord pour l'édition papier. Je vous promets de revenir en force vers 23 heures. Ça tombera d'ailleurs bien, puisque la lecture du controversé manifeste du FLQ ne se fera vraisemblablement pas avant cette heure. J'hésite encore à passer une nuit blanche ici. Ça dépendra du nombre du courriels reçus de votre part (cela s'appelle du chantage sentimental).
20H : Je ne vous oublie pas chers internautes. Les deux dernières heures se sont bien déroulées. J'ai bien mangé - merci de vous inquiéter pour ma santé - et pu écouter des prestations émouvantes. Notamment celle de l'ancien premier ministre Bernard Landry lisant l'ultime lettre de Chevalier de Lorimier. Pour ceux qui attendent impatiemment le Manifeste felquiste, sachez que c'est parti pour être...long. Il est de plus en plus probable qu'il faille attendre 23 heures, voire minuit. Au rythme où vont les choses, je prévois que les organisateurs feront lire les textes deux fois (12 heures * 2) au lieu de trois fois (8 heures *3). Aucune annonce officielle n'a cependant été faite pour l'instant. Rendez-vous vers 21 heures.
18 H 20 : les lectures des textes historiques continuent dans une ambiance toujours aussi bon enfant. À l'heure du souper, des spectateurs partent, tandis que d'autres arrivent. Sur le site, quelques centaines de personnes écoutent les discours toujours aussi attentivement. L'ex-député bloquiste Michel Gauthier a lu le 38ème texte de la soirée. À ce rythme, la lecture du manifeste du FLQ (125ème sur la liste) ne se fera pas avant 22 heures au mieux. De mon côté, je ne pourrais pas tenir le même rythme de production pour le Web, car je dois rédiger mes articles pour l'édition papier du Journal de demain (dimanche). Je devrais faire des apparitions aux heures. Prochaine actualisation sur le Web vers 20 heures. Entre temps, je me berce en écoutant À la claire fontaine.
17 H : Les descendants de Wolfe et de Montcalm lisent des textes de façon simultanée au grand plaisir des gens. Le soleil commence à perdre un peu de sa force ce qui n'est pas pour nous déplaire (il faisait pas mal chaud depuis le début). Je vous rappelle que le fameux manifeste du FLQ devrait être lu autour de 19h30. Pour l'instant, tout se déroule dans le calme et la bonne humeur. À l'instant, Hortensia de Montréal me demande s'il y a des manifestants (hostiles ou pas) sur le site ? Réponse : Je n'en ai vu aucun. De mon côté, la batterie de mon ordinateur commence à me lâcher. Je m'éclipse momentanément. Prochain envoi vers 18H. Vous pouvez continuer à m'écrire par courriel. Les charges du BlackBerry et du iPhone sont en pleine forme, elles :)
16H50 : Yves m'écrit par courriel pour me dire ceci: « Félicitations d'avoir diffusé le tout sur Internet, car j'aime le voir sur Internet, il ya une belle foule qui est là et nombreuse, ça a l'air très familial ». Sur Twitter, l'omniprésent Nicolas Roberge me qualifie de « machine » et me félicite pour ce direct. De Rimouski, le professeur Jean Bernatchez me dit : « Bravo Taïeb, c'est hot ce que vous faites en direct depuis le Moulin à paroles. Je vais suivre cela. Pourrez-vous compter sur une relève au cours des prochaines heures ou aspirez-vous à figurer au livre Guiness des records ?» Faites-moi penser à imprimer ces messages et gazouillis lorsque je négocierai une augmentation auprès de mes supérieurs :)
16H40 : Visiblement, les organisateurs de l'événement n'ont pas tout à fait réussi à boucler leur budget. Une dame circule dans l'assistance avec un récipient dans lequel des billets de 5, de 10 et même de 20 $ sont déposés. Les gens mettent la main à la poche de façon assez spontanée. Le Chef Ghislain Picard lit un texte consacré aux drames qui ont eu lieu dans les pensionnats autochtones. À glacer le sang. Il finit sur une note plus joyeuse en parlant « d'accommodements raisonnables ». Luc Picard nous fait entendre une description poignante portant sur la déportation des Acadiens.
16H30 : Michel Lessard suscite les rires de la foule en critiquant vertement « notre premier ministre (Jean Charest ? Stephen Harper ?) qui est en ce moment en train de regarder du golf à la télévision et le maire de Québec qui joue au Monopoly ». Il finit sa lecture d'un vieux texte en disant aux gens : « je vous souhaite un pays ». Applaudissements d'une assistance d'environ 500 personnes dans laquelle se trouvent visiblement peu de fédéralistes...
16H20 : Premier commentaire mitigé concernant le Moulin à paroles. « Les lectures ont un air de sermon, d'homélie... vous n'êtes pas des curés, mettez de la vie ». (Félix Genest sur Twitter). Les orateurs parlent des filles du Roi ce qui intéresse beaucoup les spectateurs.
16h10 : « Quelle bonne idée que cette couverture du Moulin à paroles en direct. Je suis heureuse que l'on ait accordé dès le départ aux Premières Nations la place qui leur revient. La foule semble enthousiaste et respectueuse. Le Moulin ne fait que commencer à mouliner, mais l'on sent déjà que le vent est bon. Que cela continue », m'écrit Hortensia de Montréal. Sur le réseau Twitter, Félix Genest annonce son arrivée sur les plaines d'Abraham en postant une photo du site. Toujours sur Twitter, CarmenFr regarde le Moulin à paroles en direct, sur Internet, alors qu'elle se trouve au...Chili. Je ne suis pas censé faire de commentaires, mais je me permets de lancer un tout petit cri : vive Internet...
16 H : Michel Faubert remporte un vif succès en entonnant la complainte du coureur des bois. Certaines informations sur Internet laissent entendre que le controversé manifeste du FLQ sera lu vers 17 H 30. Tout à l'heure, Biz me parlait plutôt de 19 h 30. On verra bien.
15H50 : La députée bloquiste de Québec, Christiane Gagnon, a lu un texte de Gabriel Théodat Sagard qui parle des « sauvages ». Pierre Boucher enchaine en évoquant les « bonnes choses qui se trouvent chez les sauvages ». Un texte Micmac est lu à l'instant en... amérindien. Ça sonne très bien à ms oreilles, mais, de grâce, ne me demandez pas de traduction simultanée. (Message d'intérêt public : Prière d'envoyer vos commentaires directement sur mon courriel plutôt que sur l'onglet commentaires de cette page).
15 h 40 : « Plutôt que la victimisation, nous avons choisi l'autodétermination et la paix », dit le Grand Chef Konrad Sioui, fortement applaudi par une foule de plus en plus nombreuse. La pétillante comédienne Suzanne Clément achève un texte de Jacques Cartier en ce moment. (hors sujet : chers internautes, vous avez le droit de m'écrire. C'est tout à fait gratuit).
15 H 30 : Jacques Cartier fait l'unanimité contre lui. « C'est un aventurier sans scrupules », mentionne un orateur amérindien. Simultanément, l'actualité fait son entrée dans le Moulin à paroles, lorsque ce dernier demande aux gouvernements de « respecter l'esprit des textes et des ententes » signés avec les Premières Nations.
15H20 : Contrairement à des spéculations entendues depuis une semaine, la lettre de Pierre Laporte à Robert Bourassa sera bel et bien lue. Pour ceux qui se demandent à quel moment le manifeste du FLQ sera lu (par Luck Mervil), cela devrait se faire vers 19 h 30. Deux beaux chants amérindiens sont joués coup sur coup à l'instant. On pourrait entendre une mouche voler.
15H10 : Le Moulin à paroles commence avec un léger retard. Ovation debout et applaudissements à tout rompre. Des drapeaux des Patriotes flottent dans l'air. Biz est le premier à prendre la parole en citant Gabrielle Roy.
15 h : Voilà, c'est parti. Il fait très beau sur les plaines d'Abraham. MétéoMedia parle d'un 23 degrés C., mais comme nous sommes en plein soleil, il fait sûrement beaucoup plus chaud. Quelque 300 à 400 personnes sont rassemblées pour écouter les orateurs du Moulin à parole. Plusieurs ont apporté leurs parapluies pour se protéger du soleil. Ambiance bon enfant. Peu de jeunes dans l'assistance et beaucoup de têtes grises. J'attends vos commentaires sur : taieb.moalla@journaldequebec.com