Faciles à se procurer et pas chères, les cigarettes illégales sont monnaie courante auprès des jeunes fumeurs, au secondaire et parfois même au primaire.
Pour 50 cents, les jeunes peuvent se procurer des cigarettes illégales auprès de leurs amis avec grande facilité, expliquent des jeunes rencontrés lundi dans le quartier Limoilou. «À 15 ans, c'est plus facile de se procurer des cigarettes illégales car on ne se fait pas "carter". Tu peux en avoir tant que tu veux», affirme Annie (prénom fictif). «Ça fume au secondaire et même au primaire, vers 10, 11, 12 ans.»
Andréa (prénom fictif), 17 ans, explique que les distributeurs vendent les cigarettes illégales «dans des gros sacs Ziploc», sans taxes. Le coût? Environ 400 pour 40 $. «Tu peux en revendre à tes amis après», ajoute-t-elle en précisant qu'il s'agissait d'une pratique courante dans les écoles secondaires. Un autre jeune du secteur Duberger a indiqué qu'il pouvait s'approvisionner facilement, achetant 20 paquets de cigarettes illégales pour 25 $.
Les jeunes s'approvisionnent parfois eux-mêmes, sachant où leurs parents font leurs achats ou pigent dans les réserves parentales, avec ou sans le consentement de ces derniers.
Il leur arrive aussi de se procurer des cigarettes parfaitement légales, dans les commerces qui ont la réputation de ne pas vérifier systématiquement l'âge des jeunes clients. «Dans les grandes chaînes, les employés sont filmés et surveillés, donc on se fait "carter". Mais dans les petites accomodations, en général, il n'y a pas de problème. On le sait qu'on est une source de revenus pour les petits dépanneurs», affirme Tania (prénom fictif).
Les jeunes affirment qu'ils sont bien informés des risques du tabagisme, mais que les campagnes de sensibilisation n'ont pas d'effet. «La seule façon de nous empêcher de fumer serait que les cigarettes ne se vendent plus du tout.»
Avertissements
Stéphane Pigeon, directeur du St Patrick's High School, estime qu'une faible proportion de ses élèves - 20 ou 30 sur 600 - sont fumeurs. Il explique que la loi est appliquée dans l'enceinte de son établissement et que les surveillants font leur travail.
«Il y a des jeunes qui vont prendre une marche ou qui fument sur le trottoir. S'ils se font prendre sur le terrain de l'école, ils ont un avertissement. La deuxième fois, ils doivent écrire un travail de réflexion de 1 000 mots sur le tabagisme», indique-t-il.
marie-france.bornais@journaldequebec.com