Le premier ministre Jean Charest fait la démonstration que le sport passionne et, surtout, rassemble. Par un exercice de mobilisation rarement réussi à Québec, il a confié hier à Claude Rousseau le mandat d'enrichir la capitale d'infrastructures sportives et d'un sens de l'engagement pour attirer de grands événements et tendre ultimement vers une candidature à des Jeux olympiques d'hiver.
« Étape par étape, pierre par pierre, année par année », a notamment affirmé le chef du gouvernement dans son discours, exprimant la volonté de voir Québec devenir une terre d'accueil pour des championnats du monde et autres grands rendez-vous sportifs, « incluant des Jeux olympiques, mais pas exclusivement ».
Labeaume : « L'humeur de Québec »
Ce lancement d'« Équipe Québec » détonne dans l'histoire de la ville, tantôt pour son poids politique qui poussera désormais sur les ambitions, tantôt pour l'effet mobilisateur qu'il semble avoir déclenché. Au pied de la montagne du Lac-Beauport, toute allégeance politique et tous ordres de gouvernement confondus côtoyaient des athlètes et des acteurs des communautés d'affaires, économiques, sociales et autres. Qui ne s'y trouvait pas, au fait?
« Ce que vous voyez ici, c'est l'humeur de Québec maintenant. Normalement, à d'autres époques, vous n'auriez jamais vu tous ces gens-là ici, aujourd'hui », a résumé le maire Régis Labeaume, qui se réjouit de voir en Claude Rousseau « un porteur de ballon neutre ».
« Je ne dirais pas avoir exigé une telle harmonie. Je dirais plutôt l'avoir proposée », nous a avoué avec un rictus Claude Rousseau, quand on lui a demandé s'il avait émis une telle condition au premier ministre avant d'accepter son offre de diriger ce comité pendant un mandat de trois ans.
Un précédent
Jean Charest ainsi accompagné de ses ministres Sam Hamad, Michelle Courchesne et même Yves Bolduc, puis escorté sur l'estrade par la ministre fédérale Josée Verner; cette mobilisation politique a rassuré la classe sportive. La mission d'Équipe Québec, qui consistera à analyser les besoins en infrastructures, à déterminer la façon d'en construire de nouvelles ou d'améliorer celles qui sont existantes, devrait permettre à la ville de se projeter sur l'échiquier international dans de meilleures dispositions que lors des deux échecs olympiques précédents.
« Nous n'avions pas eu un appui aussi clairement signifié par le gouvernement et aussi longtemps avant le dépôt de notre candidature. Nous n'avions pas de promesses faites comme celle d'aujourd'hui pour des équipements pour le ski alpin et le patinage de vitesse, par exemple », affirme Fernand Labrie, qui pilotait la candidature pour les Jeux de 2010.
« Le climat s'est assaini à Québec, et il semble y avoir de nouvelles bases solides », reconnaît Jean Grenier, l'un des principaux acteurs de la candidature de 2002. « Maintenant, il ne faudra pas que ça traîne avec ce comité. Leurs recommandations devront se faire rapidement ou qu'on referme la porte tout simplement pour passer à autre chose », ajoute-t-il.
« Je crois que les Jeux olympiques peuvent et doivent se faire à Québec, a réitéré le premier ministre. Oui, la présence d'Équipe Québec démontre une volonté politique pour que Québec devienne une destination d'événements sportifs internationaux. »
alain.bergeron@journaldequebec.com