La communauté innue de Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam en a marre de Terra Ventures, au point que la hache de guerre est sur le point d'être déterrée.
« Assez, c'est assez. On va intervenir très très sérieusement, menace le chef Georges-Ernest Grégoire, qui se garde toutefois de divulguer la nature de ces actes. On travaille là-dessus. ».
Si les communautés autochtones et allochtones des environs de Sept-Îles n'ont historiquement pas toujours été sur la même longueur d'ondes, c'est tout le contraire dans ce cas-ci.
« L'uranium, c'est très dangereux. Si les médecins démissionnent, ça veut tout dire. Je suis totalement en accord avec eux et j'approuve leur décision. », souligne le chef Grégoire qui représente environ 3 200 personnes réparties dans deux villages séparés par une quinzaine de kilomètres. Cette grogne des Innus envers les grandes entreprises ne date pas d'hier, eux qui digèrent bien mal que « celles-ci fassent à leur guise sur leurs territoires ancestraux ».
La communauté innue appelle donc le gouvernement et surtout, Terra Ventures, à dialoguer avec eux. « Nous n'avons jamais été consultés. Si ces gens-là veulent parler avec nous, on est ouverts. Sans notre accord, il n'y aura pas de projet », confie-t-il.
Mise en demeure
M. Grégoire et ses pairs sont toujours dans l'attente d'une réponse officielle de la part de Terra Ventures à la suite d'une mise en demeure que le Conseil innu de Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam (ITUM) lui a fait parvenir en juillet dernier. Le Conseil réclame que la compagnie cesse immédiatement toute activité minière, incluant l'exploration sur ses terres ancestrales.
« Terra Ventures a fait preuve d'un manque flagrant de discernement. Ils ne respectent pas l'environnement au stade de l'exploration, ce qui ne laisse présager rien de bon s'il y a exploitation, soutient le conseiller juridique du ITUM, Jonathan Genest Jourdain. La mise en demeure a été signifiée en juillet et nous avons seulement eu un accusé de réception. Nous aimerions bien parler à Gunther Roehlig. Je crois que c'est à eux de nous contacter. C'est une simple question de courtoisie ».