lutte à la pauvreté

«Consultations bidon», selon les organismes

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Marie-France Bornais @

Journal de Québec, Publié le:

Une coalition formée d'organismes communautaires autonomes de la région de la Capitale-Nationale a manifesté, hier, devant l'hôtel Gouverneur de Québec, afin de dénoncer la consultation organisée par le ministre de l'Emploi et de la Solidarité ...

© Didier Debusschère

Une coalition formée d'organismes communautaires autonomes de la région de la Capitale-Nationale a manifesté, hier, devant l'hôtel Gouverneur de Québec, afin de dénoncer la consultation organisée par le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad.

Rassemblés à l'hôtel Gouverneur de Sainte-Foy, porte-parole et militants de différents organismes communautaires ont dénoncé haut et fort le processus de consultation gouvernemental organisé par le ministre Hamad. Pour eux, ce sont des consultations bidon.

Certains organismes ont fait entendre leurs propositions au sein des consultations. D'autres, faute d'invitation ou en raison de cadres trop contraignants, n'ont pu y prendre part. « On se questionne sur la place de la démocratie dans ce processus où les invitations ont été tardives, sélectives et tenues confidentielles », a dénoncé Anne-Valérie Lemieux-Breton, porte-parole de la Coalition pour un Québec sans pauvreté.

Laurence Brunelle-Côté, elle aussi porte-parole, était très satisfaite de voir une centaine de militants scander des slogans et manifester bruyamment devant l'hôtel Gouverneur, sur l'heure du lunch. « Les gens sont venus, ont dit ce qu'ils voulaient. Être entendus ici, c'est déjà un premier pas », a-t-elle dit. « Je suis fière d'être ici », a opiné une manifestante qui lutte pour la défense des droits de l'aide sociale du Québec.

La réalité

La tenue des consultations n'a pas satisfait Hélène Côté, première vice-présidente des Banques alimentaires du Québec, qui prend part au processus. « Ce sont des consultations qui ne nous permettent pas de nous exprimer sur l'ensemble du contexte. C'est majeur. Il faut entendre ce qui va bien et ce qui va moins bien et avoir une ouverture. »

D'après Mme Côté, les chiffres présentés par le ministre Hamad sont positifs, mais la réalité sur le terrain est tout autre. Son organisme en chapeaute 1 000 autres qui œuvrent directement auprès des gens dans le besoin à travers le Québec. « Ce qu'on voit, c'est une hausse de 24 % de la demande provinciale dans les banques alimentaires par rapport à l'année dernière. Chaque mois, 280 000 personnes font appel aux banques alimentaires et 35 % ont moins de 18 ans. »

Elle signale que de plus en plus de travailleurs vivent dans la pauvreté, le salaire minimum ne leur assurant pas suffisamment de revenus, même en travaillant à temps plein. « Il y a des programmes mis en place, mais les mécanismes pour les appliquer ne sont pas assez rodés. »

La mise en place de mesures nationales fortes revient souvent dans les discours des organismes. « Les régions veulent agir. Mais elles savent que leurs actions auront bien peu d'effets si, à Québec, le gouvernement n'assume pas les responsabilités que lui confère la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale », précise Robin Couture, porte-parole du Collectif.

François Saillant, coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain, estime que le gouvernement a l'obligation d'assurer des conditions de vie décentes à l'ensemble des citoyens. « C'est une question de droits humains. »

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