Conditions de vie insalubres
Une centaine de cas par année à Québec
Courtoisie
Dans certains cas, les intervenants arrivent à aider les locataires à se prendre en main comme en font foi ces photos prises avant et après.
Chaque année, une centaine de dossiers sont référés aux inspecteurs de la ville de Québec, qui sont de mieux en mieux préparés pour faire face à cette problématique.
Mme Renée Levaque, coordonnatrice à la Direction régionale de la santé publique de la capitale nationale, a participé, l'automne dernier, à une journée de formation en compagnie de 125 autres intervenants, y compris des inspecteurs, pour discuter des méthodes d'approche. C'était la première fois qu'une rencontre était organisée à Québec concernant ce phénomène.
« On ne sait jamais comment prendre ça et quoi faire avec. C'est une problématique essentiellement psychosociale et les inspecteurs qui sont appelés sur les lieux n'ont pas une expertise psychosociale. Ça devenait difficile pour eux de traiter les dossiers. Il fallait mettre les intervenants psychosociaux dans le coup pour bien répondre aux besoins de ces personnes-là », a fait part Mme Levaque.
Les cas d'insalubrité sont classés en deux catégories : sévère et morbide. La première signifie que la personne a de la difficulté à garder son logement propre et en ordre, tandis que, dans la deuxième, les gens ne sont pas en mesure de constater que leur situation représente un danger pour eux et pour les autres.
Chaque type représente environ 50 % des interventions. Dans le cas de la rue Richelieu, les inspecteurs parlent d'insalubrité sévère.
Insalubrité morbide
« Ce sont des gens qui développent, suite à un choc ou une perte, des habitudes de collection. Ils perdent la notion d'hygiène de base et ça fait des situations comme on le découvre », a ajouté Mme Levaque.
À Québec, les statistiques demeurent stables d'une année à l'autre. Les secteurs les plus touchés sont ceux situés dans les arrondissements La Cité-Limoilou et Sainte-Foy.
« On en entendait moins parler avant. On voit ça beaucoup plus chez les personnes âgées. On sait que la population est vieillissante. Peut-être que c'est pour ça qu'on en voit plus maintenant. »
Le protocole mis de l'avant par les intervenants ne vise pas nécessairement à évincer les locataires. « Un cas par semaine d'insalubrité morbide, ça peut avoir l'air bénin, mais le problème, c'est que ça demande une prise en charge à long terme. Ça finit par devenir lourd pour les intervenants et le système. C'est là qu'une entente intersectorielle peut devenir intéressante parce que tout le monde fait son bout de chemin », a conclu Mme Levaque.
En Europe, où le phénomène est mieux documenté, on dénombre un cas d'insalubrité morbide sur 2 000 personnes.
diane.tremblay@journaldequebec.com