Jacob, 12 ans, Raphaël, 14 ans, et Christophe, 15 ans, ressemblent en tous points à leurs camarades de classe. À un unique détail près: ils séjournent nuit et jour dans un pensionnat catholique.
Originaires d'une famille comptant dix enfants, catholique pratiquante de la Rive-Sud de Québec, les frères Tremblay font partie de la trentaine de jeunes qui évoluent actuellement au Petit Séminaire diocésain de Québec, établissement qui vise depuis septembre 2008 à préparer les jeunes à la prêtrise.
Au quotidien, ils vont à l'école, font leurs devoirs et leurs leçons, jouent et pratiquent du sport. S'ajoutent à cela les prières, matin et soir, la messe et les différentes activités de groupe, souvent axées sur la religion.
Inutile d'imaginer qu'ils ont eu à se faire tordre un bras pour accepter d'entrer au Petit Séminaire diocésain de Québec. « J'avais hâte d'y aller. Mes frères m'en parlaient et ça avait l'air le fun », lance Jacob, au pensionnat depuis septembre.
« C'est très bien. On a une vie de groupe. C'est plein de gens de notre âge. On a un gym. Ce n'est pas tout le monde qui a un gym dans sa maison! » ajoute, tout sourire, Raphaël.
Au Collège de Champigny, où tous les pensionnaires étudient, les autres élèves se montrent généralement ouverts au mode de vie des Tremblay. Certains les ont même rejoints au pensionnat.
« J'avais peur d'être jugé au début, se rappelle Christophe, aujourd'hui en quatrième secondaire. Quand on m'en parlait, j'argumentais positivement et les autres voyaient que j'aimais ça. Ils n'ont rien à dire contre. Qu'est-ce qu'ils peuvent dire contre? »
Ouverts à la prêtrise, sans plus
Si l'un des objectifs du Petit Séminaire diocésain de Québec est d'assurer une relève dans la prêtrise, au Québec, les garçons se gardent bien de prendre une décision immédiatement. Peu importe leur choix, ils conserveront tout de même de leur passage une ouverture spirituelle unique, plaident-ils.
« Je n'ai pas de projet d'aller en prêtrise pour l'instant, avance l'aîné des trois, qui dit vouloir se marier. Mais si je suis appelé à ça, on verra. »
Et les filles? « On n'a pas de problème avec ça! Ça change les idées! », conclut-il, en riant.
kathryne.lamontagne@journaldequebec.com