Sans tramway ni train de banlieue, la Ville de Québec ne peut sérieusement songer à accueillir les Jeux olympiques sans corriger de graves lacunes en matière de transports publics, évalue Jacques Vandersleyen, consultant ferroviaire international basé à Québec.
Les observations de M. Vandersleyen par rapport aux systèmes de transport en place dans la ville de Québec font réfléchir : champ d'aviation qui ne peut recevoir les gros porteurs, autobus qui utilisent le réseau routier vieux et engorgé, quelques dessertes cahin-caha de Via Rail...
« Comment allons-nous déplacer tous ces gens et faire montre au Comité international olympique (CIO) que nous sommes une ville digne de ce nom? », s'interroge cet ancien agent d'exploitation pour la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB), qui est également l'auteur d'un document sur la nécessité d'un transport régional interrives à Québec.
Au moins 10 ans
L'aspect mobilité de la ville de Québec a pris beaucoup de retard, estime ce consultant, pour qui les intervenants concernés à la Ville vont devoir s'asseoiret réfléchir rapidement, si on souhaite obtenir les Jeux olympiques de 2022.
« Loin de moi l'idée d'être insultant, mais Québec est un grand village qui a grandi trop vite et au sein duquel on a trop peu développé le transport vers la banlieue, illustre M. Vandersleyen. Et 12 ans, ajoute-t-il, c'est très peu pour combler un tel fossé. Il faut prévoir au moins 10 ans pour construire un train de banlieue. »
Vancouver avait tout ce qu'il fallait en matière d'infrastructures, rappelle M. Vandersleyen, et elle a dû réinvestir dans ses transports publics pour boucler un budget à six milliards. « Pendant ce temps à Québec, nous devrons nous pourvoir d'un tramway (estimé à 0,75 milliard), de dessertes de train régional (0,5 milliard) en plus d'améliorer l'aéroport (0,5 milliard) (...) Il serait temps d'expliquer à la population où ira-t-on trouver l'argent d'une facture qui frôlera les 10 milliards », lance-t-il.
Le consultant était à Athènes en 2001 pour le projet de train à grande vitesse jusqu'à Thessalonique, en prévision des jeux de 2004. « Les Grecs ont fait marche arrière sur ce projet pour mettre toute l'emphase technique et financière sur les transports urbains (Metro Attiko), rappelle-t-il. Ils y sont parvenus, mais la facture a été exorbitante. Imaginez, nous n'avons même pas ces infrastructures à Québec et c'est un minimum. »
karine.gagnon@journaldequebec.com