Décédée en Haïti

Pour que le souvenir d'Alexandra ne meure jamais

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Diane Tremblay @

Journal de Québec, Publié le:

La mère d'Alexandra Duguay, Mme Marie-Dominique Bédard.

© Simon Clark

La mère d'Alexandra Duguay, Mme Marie-Dominique Bédard.

Des gens d'affaires de Québec ont décidé d'unir leurs forces pour permettre à la famille d'Alexandra Duguay, décédée lors du tremblement de terre en Haïti, de poursuivre son rêve.

Hier soir, près de 25 000 $ ont été amassés lors d'un souper-bénéfice présenté au restaurant Saint-Amour. Cet argent sera versé pour venir en aide à l'orphelinat de l'Île-à-Vache, une œuvre que la jeune femme de 31 ans, chargée de communication pour l'ONU, avait choisi d'épouser.

S'il n'en tient qu'au propriétaire du réputé établissement du Vieux-Québec, M. Jacques Fortier, cette initiative ne sera pas la dernière. Sans le savoir, sœur Flora Blanchette, une infirmière d'origine québécoise, qui dirige l'orphelinat depuis sa création en 1981, vient de se faire de nouveaux amis puisqu'une autre campagne de collecte de fonds est dans les cartons pour l'an prochain.

Cet élan de générosité met du baume sur la douleur de la famille éplorée. Avant qu'elle ne décède, Alexandra Duguay, 31 ans, avait décidé de tout mettre en œuvre pour venir en aide à sœur Flora dont elle avait fait la connaissance au cours d'une rencontre fortuite en Haïti.

Deuil à long terme

« Ce n'est pas facile. Ce n'est pas un décès ordinaire. C'est un deuil à long terme. On a espéré pendant une semaine qu'elle soit en vie. Après, on a attendu pour qu'ils trouvent le corps et qu'ils le rapatrient », a fait part sa mère, Mme Marie-Dominique Bédard, qui a trouvé refuge dans la méditation et le yoga.

« Je pleure beaucoup. Je ne suis pas en dépression! Je suis en deuil! C'est normal. Je suis consciente de ce que j'ai à vivre. J'ai eu six enfants. Il m'en reste cinq. Je suis encore leur mère. Eux aussi ont beaucoup de peine. Alors, on se soutient mutuellement », a-t-elle poursuivi.

« Je suis dans les papiers de certificat de décès. Ma fille est rendue un numéro. Toute sa vie, elle a vécu à 300 milles à l'heure. Elle a beaucoup voyagé. Elle aurait pu mourir plein d'autres fois. Elle n'a pas été imprudente. Elle était au travail. Alexandra montait un escalier quand ça s'est effondré sur elle. »

En deux semaines, tous les billets du souper-bénéfice ont trouvé preneurs. « On a eu plus de demandes qu'il y a de places dans le restaurant. Les gens sont d'une sensibilité qui m'a frappée », a ajouté M. Willy Apollon, président d'honneur de la soirée.

L'orphelinat de l'Île-à-Vache, au sud du pays, héberge habituellement 58 enfants, mais depuis le séisme, 200 enfants de plus se sont ajoutés, multipliant ainsi les besoins. La totalité de l'argent amassé ira à soutenir cette cause.

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