Profilage racial

La police de Québec vilipendée

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Taïeb Moalla @

Journal de Québec, Publié le:

Le rappeur Aly Ndiaye a fustigé le profilage racial, qui serait monnaie courante dans les rues de Québec.

© Daniel Mallard

Le rappeur Aly Ndiaye a fustigé le profilage racial, qui serait monnaie courante dans les rues de Québec.

Quoi qu'en disent les chiffres de la police, le profilage racial est une réalité que subissent constamment les jeunes de Québec issus des communautés ethniques.

C'est le constat désolé que le rappeur Aly Ndiaye - alias Webster - a livré hier après-midi, devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. L'organisme tient depuis septembre 2009 une série de consultations sur le thème du profilage racial et ses conséquences.

« C'est honteux que la police de Québec n'ait pas osé venir ici pour les consultations, a lancé le jeune homme de 30 ans, né à Québec de père sénégalais et de mère québécoise. Selon la police, il n'y a pas de profilage racial à Québec. Or, les gens se font coller et intercepter par la police sans aucune raison. »

« Webster » a également appelé vivement la police à « changer sa mentalité quant aux jeunes issus de l'immigration et à la communauté hip-hop ».

M. Ndiaye a justifié le peu de plaintes déposées pour profilage racial - seulement cinq en cinq ans - par le fait que « les gens n'ont pas confiance dans le système de plaintes. À Québec, la police agit en toute impunité ». D'après lui, « il y des groupes stigmatisés, que ce soient les Noirs, les Arabes ou les punks. La police se sert d'histoires de gangs de rue pour avoir des budgets énormes et les médias s'en servent pour vendre », a-t-il avancé.

La quasi-absence de policiers issus des communautés culturelles est, à ses yeux, le symbole du manque de sensibilité du service de l'ordre de la ville.

La police dément

Informé de ces propos, Gino Lévesque, capitaine aux communications de la police de Québec, a juré qu'ils « ne reflètent pas la réalité ». Si la police n'était pas présente aux consultations d'hier, c'est « parce qu'on a déjà fait nos devoirs (à travers différents comités et formations sur la question) », a-t-il juré.

« Il faut toujours être vigilant, car on n'est jamais à l'abri, a reconnu le capitaine. Mais nos relations avec les communautés culturelles sont très bonnes. »

Disant vouloir accueillir davantage de membres des communautés ethniques dans les rangs de la police, M. Lévesque a signalé que deux policiers de Québec appartiennent à une communauté ethnique ou visible (l'un de l'Europe de l'Est, l'autre d'Amérique du Sud) et que six agents sont d'origine autochtone. « On a même un policier qui parle chinois. Je peux vous dire que ça nous aide pour certaines interventions », a lâché le porte-parole.

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