Après avoir vendu des centaines de petits guides sur les insectes via son site Web, le technicien en entomologie, Yves Dubuc, a regroupé 1 530 espèces dans la nouvelle édition du guide d'identification Les insectes du Québec, un ouvrage convivial qui rend ces mal-aimés du paysage québécois beaucoup plus sympathiques.
Fasciné par les insectes depuis son enfance, Yves Dubuc a appris à étudier et à apprécier les petites bêtes qui rampent, qui volent, qui piquent et qui mordent, plutôt que les écrabouiller. Il les voit davantage comme des trésors à collectionner et non comme des ennemis à abattre.
Il n'est pas le seul. Depuis 1999, il a mis en ligne un site Internet consacré aux insectes. « J'ai vu le nombre de visiteurs augmenter en flèche. Les gens voulaient un livre. J'avais fait un petit guide qu'on imprimait à la maison et qu'on faisait relier. J'en vendais au point où on ne fournissait pas d'en imprimer. Même les bibliothèques en commandaient », raconte-t-il. En fait, les universités, les cégeps, les écoles d'horticulture, les agronomes, les forestiers, tous les gens qui ont affaire aux insectes dans leur travail recherchaient un tel guide.
Un jour, l'éditeur Antoine Broquet s'est montré intéressé... et l'ouvrage répertoriant 1 530 espèces d'insectes, avec descriptions, des photos, de même que des trucs pour capturer et conserver les insectes, a vu le jour. « Il date de trois ans et ça fait au moins trois fois qu'on le réimprime, à coup de 4 000 à 5 000 copies. J'étais surpris parce que les gens aiment bien les papillons... mais les insectes en général, il y a bien des gens qui n'aiment pas ça. Mais ça fonctionne très bien! », note l'éditeur.
Les temps changent
Yves Dubuc ajoute que les gens s'intéressent maintenant aux insectes, un peu comme d'autres s'intéressent aux oiseaux. « Avec la photo numérique, de plus en plus de gens m'envoient des photos pour savoir ce que c'est. »
Encore sceptique? « Il y a encore beaucoup de gens qui ont des préjugés, en particulier ceux d'un certain âge, qui sont souvent plus dédaigneux et connaissent moins les insectes, car ils n'apprenaient pas ça à l'école. Ma grand-mère ne me croyait pas quand je lui ai montré une chrysalide en lui disant qu'un papillon allait en sortir. Pour elle, un bébé papillon, c'était un petit papillon et un papillon adulte, c'était un gros papillon... ça donne une idée de ce que les gens d'une certaine génération pouvaient comprendre des insectes », observe le spécialiste qui possède son propre élevage de papillons Cécropia, à la maison.