Après avoir refusé, en juin, les dernières offres de la partie patronale et à la suite d'un premier épisode raté de conciliation, les chauffeurs d'Orléans Express envisagent maintenant la mise en place de moyens de pression, lesquels pourraient perturber les activités du plus important transporteur par autocar au Québec.
En plein cœur de la période estivale, « le syndicat envisage la possibilité de moyens de pression », a confirmé Pierre Breton, représentant de l'Union des employés de services affiliés à la FTQ (UES-FTQ) section locale 800.
La convention collective des 152 conducteurs d'Autocars Orléans Express est échue depuis le 31 mars.
Après 31 journées de négociations difficiles, les syndiqués de la section 800 de l'UES-FTQ avaient rejeté à 99,9 % les dernières offres patronales et voté à l'unanimité pour un mandat de grève, le 16 juin.
Négos au point mort
L'espoir d'en arriver à une nouvelle convention collective repose maintenant sur les quatre journées de conciliation mise à l'agenda cet été. Mais voilà qu'il y a une semaine, un premier blitz de deux jours n'a guère donné les résultats escomptés.
« En conciliation, ça n'a pas bougé, fait savoir M. Breton. On est au point mort, résume-t-il.
Les principaux points d'achoppement sont à incidence salariale. Selon M. Breton, l'employeur propose une convention collective d'une durée de trois ans plutôt que cinq et offre des augmentations salariales de 1,2 %. Le syndicat exige pour sa part des hausses de 3 %.
Cul-de-sac
Devant un cul-de-sac, le syndicat envisage des moyens de pression d'ici le prochain épisode de conciliation, prévu les 7 et 8 septembre. Le mandat du conciliateur tombe à échéance le 14 septembre, mais pourrait être prolongé si les deux parties arrivent à retrouver un chemin d'entente.
À savoir quelles actions pourraient être prises, le représentant syndical songe notamment à des journées d'études, mais refuse d'en préciser davantage pour l'instant. Il reconnaît toutefois que le service pourrait en être perturbé.
« C'est pour ça qu'on ne veut pas déclencher la grève au moment où on se parle : on ne veut pas prendre la population en otage », a commenté M. Breton.
Climat difficile à Québec
Depuis l'acquisition de l'opérateur Acadian Lines (Moncton-Halifax), en 2004, les employés affectés à la répartition sont débordés, déplore par ailleurs le syndicat. C'est maintenant depuis Québec que sont coordonnées les communications avec les chauffeurs et leur centrale. De plus, ce service n'est disponible que de 6 h le matin à 21 h, alors que les activités se poursuivent 24 heures sur 24.
« On a de la misère à entrer en contact avec les répartiteurs, affirme Pierre Breton. Ça a dégénéré; les gens sont tannés », se désole-t-il.
Entreprise fleurissante
Fondée en 1990, l'entreprise transporte plus d'un demi-million de passagers et près d'un million de colis au Québec. Le siège social d'Autocars Orléans Express est situé à Montréal, mais ses activités sont gérées en bonne partie à partir de la gare de Québec. En 2002, la multinationale française Keolis s'est portée acquéreur de 75 % des actifs de l'entreprise québécoise.
Au moment de mettre sous presse, la direction d'Orléans Express n'avait pas retourné l'appel du Journal.