Procès TCE à Shannon

La science en retard?

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Régys Caron @

Journal de Québec, Publié le:

Marie-Paule Spieser, principale requérante du recours collectif.

© Les archives Stevens Leblanc

Marie-Paule Spieser, principale requérante du recours collectif.

La science ne serait pas suffisamment avancée pour établir avec certitude un lien de causalité entre le trichloroéthylène (TCE) et le cancer chez les humains, ont soutenu cette semaine la Défense nationale et ses codéfendeurs, au procès sur l'eau contaminée de Shannon.

« On ne peut pas prendre une étude et tirer une conclusion. Il faut plusieurs études qui regardent le même problème pour voir s'il y a convergence dans les résultats », a exposé en entrevue, hier, Me David Lucas, avocat du ministère de la Défense nationale. Me Lucas résumait ainsi une partie du témoignage livré, cette semaine, par le professeur Jack Siemiatycki de la faculté de médecine de l'Université de Montréal.

Titulaire de la chaire de recherche du Canada en épidémiologie environnementale, le Dr Siemiatycki est venu dire à la Cour que le TCE « peut probablement causer des tumeurs aux reins dans certaines circonstances et probablement des tumeurs du foie et des lymphomes non-hodgkiniens. Il n'y a aucune preuve scientifique suggérant que le TCE puisse causer d'autres cancers », écrit-il dans son document soumis à la cour. Le témoin expert a aussi précisé que l'Institut national de santé publique du Québec ne détenait aucune preuve scientifique que les citoyens de Shannon ont été exposés à un risque accru de cancer.

Levée de drapeaux

L'avocat des demandeurs, Me Steeve Clark, a soumis à l'appréciation du professeur Siemiattycki quatre études établissant des liens de causalités entre le TCE et différents cancers (cerveau, sein, prostate, etc.) ainsi qu'à d'autres problèmes de santé. Le témoin expert a répondu que ces études ne faisaient pas « consensus » dans la communauté scientifique bien qu'elles aient « soulevé quelques drapeaux ». «Si vous affirmez qu'il n'y pas de lien entre le TCE et les cancers, vous devez reconnaître qu'il y a plusieurs drapeaux de levés», a assené Me Clark sur un ton excédé.

Le juge Bernard Godbout a senti le besoin de prévenir les deux parties qu'il devrait, au terme du procès, apprécier la preuve dans sa globalité « dans un contexte juridique, ce qui est différent du contexte scientifique ». Le procès reprendra le 7 février au palais de justice de Québec.

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