Stimulants... jeu d'enfant

Des dangers réels

Jean-François Racine

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La nutritionniste olympique Mélanie Olivier.

© Courtoisie

La nutritionniste olympique Mélanie Olivier.

Médecins, pharmaciens et nutritionnistes sont catégoriques : la prise de plusieurs produits en vente libre dans les magasins de suppléments alimentaires représente un sérieux danger pour la santé.

Étourdissements, maux de tête, troubles cardiaques ou hypertension, les effets indésirables varient de mineurs à mortels pour les abus de caféine, d'éphédrine et des divers fat burner offerts sur le marché.

Pour la caféine, les chercheurs de Santé Canada recommandent un maximum quotidien de 400 mg par jour afin d'éviter les effets indésirables. Les capsules vendues au Journal en contiennent 200 mg chacune.

Pour les brûleurs de gras, qui contiennent aussi de la caféine, les produits achetés dépassent la dose maximale, et ce, même en excluant les éléments actifs provenant de plantes qui n'apparaissent pas toujours sur l'emballage. Les effets néfastes de la caféine à forte dose sont nombreux : insomnie, irritabilité, nervosité, nausées ou diarrhée.

Selon Santé Canada, les produits contenant de l'éphédrine peuvent aussi entraîner des effets graves, voire fatals, s'ils sont combinés à la caféine et à d'autres stimulants. La dose maximale de ce produit ne devrait par dépasser 32 mg par jour. Cette dose représente quatre comprimés dans le flacon vendu à l'adolescent du Journal.

Sur son site, le gouvernement admet que les Canadiens consomment de nombreuses préparations contenant de l'éphédrine, dont la vente est interdite au Canada.

Dérèglement hormonal

«Il y a une différence majeure entre les effets d'un café et celui de la caféine en comprimé. L'éphédrine non plus ne devrait pas être accessible. C'est un mélange explosif et dangereux», ajoute Mélanie Olivier, ex-nutritionniste officielle du Comité olympique canadien à Pékin et partenaire de plusieurs athlètes d'élite, dont le boxeur Lucian Bute. Au sujet des fat burner, elle juge que la vente aux mineurs est irresponsable en raison des risques élevés.

«Quand on touche aux stimulants, on joue dans le métabolisme de base et on dérègle tout le système hormonal. Un joueur de 15 ans avec un surplus de poids se retrouvera hypertendu comme un adulte de 60 ans.»

Quant aux protéines en poudre (whey), Mélanie Olivier trouve étrange d'ajouter des calories au régime d'un sportif qui veut perdre du poids.

Selon elle, les oméga-3 (huile de poissons), classés acides gras essentiels, ne sont pas non plus une priorité chez les jeunes, qui ont d'autres déficits alimentaires à corriger préalablement.

Contamination élevée

La contamination élevée est aussi un problème majeur. «Il n'y a pas tellement de contrôles. On ne sait pas tout ce qu'il y a dans les produits. Il y a environ 20 % de contamination avec d'autres produits illégaux», affirme Marielle Ledoux, sommité canadienne en nutrition sportive et professeure à l'Université de Montréal. Cette proportion provient de données recueillies par le CIO en 2002.

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