SELON ANDRÉ CASTONGUAY
«Le système ne fonctionne plus»
Photo Daniel MALLARD
Professeur à la faculté de pharmacie de l'Université Laval, André Castonguay s'insurge contre les délais importants à la clinique de la douleur du CHUL.
«Les cas urgents sont vus dans un délai de 13 semaines ou moins pour leur premier traitement, ce qui est somme toute raisonnable», affirme un porte-parole du CHUQ, Richard Fournier. L'attente se mesure cependant en années pour les cas «non urgents». «On travaille à améliorer l'accessibilité aux services. Nous avons déposé, ce printemps, un plan d'action au ministère de la Santé, afin de constituer un consortium CHUL-Hôtel-Dieu de Lévis- IRDPQ (Institut de réadaptation en déficience physique de Québec), qui nous permettrait d'obtenir des budgets et ressources additionnels, anesthésistes, ergothérapeutes, physiothéapeutes, infirmières, psychologues», explique M. Fournier.
Patients résignés
Professeur à la faculté de pharmacie de l'Université Laval, André Castonguay, argue, de son côté, que les problèmes d'accessibilité ne datent pas d'hier. «On en est pratiquement au même point qu'il y a cinq ans. Pourquoi? La douleur est un signe que quelque chose ne va pas. Des gens souffrent chaque jour et leur condition se détériore», déplore M. Castonguay.
Ce dernier porte un jugement sévère sur le système de santé. «Le système ne fonctionne plus, car le patient n'est plus au centre des activités. On est rendus à accepter des choses tout à fait inacceptables. J'enseigne à mes étudiants d'être attentifs aux besoins de leurs patients. Or, les établissements de santé passent à côté de la coche.»
«Il n'y a pas assez de ressources mises à la disposition des intervenants qui sont près des patients, car l'argent passe dans la bureaucratie, à gérer des dossiers», pourfend M. Castonguay. Selon lui, le cas de Mme Chantal Hay, une amie, est un bon exemple de l'inefficacité du système.
Selon Richard Fournier, le traitement de la douleur chronique est un phénomène relativement nouveau. «Les nouvelles avancées font en sorte que les demandes augmentent plus rapidement que les ressources. Deux résidents en anesthésiologie, en formation à l'extérieur, doivent intégrer la clinique de la douleur, d'ici un à deux ans. On vise également à développer l'expertise des médecins de famille afin que nos spécialistes puissent se consacrer aux cas plus complexes».