Elle «endure» son mal depuis cinq mois

Exaspérée, elle met le CHUQ en demeure

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Johanne Roy @

Journal de Québec, Publié le:

Souffrant d'une compression de la moelle épinière, Mme Chantal Hay, de Québec, en est réduite à transmettre une mise en demeure au CHUQ afin d'obtenir des traitements à la clinique de la douleur du CHUL.

Photo René BAILLARGEON

Souffrant d'une compression de la moelle épinière, Mme Chantal Hay, de Québec, en est réduite à transmettre une mise en demeure au CHUQ afin d'obtenir des traitements à la clinique de la douleur du CHUL.

« Je ne demande pas de passe-droit, je veux être soignée! », lance Mme Chantal Hay, qui vient de déposer une mise en demeure au CHUQ afin d'avoir accès aux traitements contre la douleur, qu'elle attend depuis près de cinq mois.

Cette patiente de 56 ans, de Québec, trouve aberrant de devoir en arriver là pour obtenir des soins. Mme Hay a également porté plainte à la Commissaire locale aux plaintes du CHUQ et elle vient de saisir le Protecteur du citoyen de sa situation. Souffrant d'une compression de la moelle épinière de deux vertèbres lombaires, Chantal Hay a été référée à la clinique de la douleur du CHUL, par son médecin orthopédiste, pour trois épidurales de cortisone. Ce type de traitement se révèle efficace dans 30 à 40% des cas pour soulager la douleur, ce qui lui éviterait de devoir subir une chirurgie.

«Ma prescription de traitements a été remise, le 28 avril, à la clinique de la douleur. On m'a dit: comptez au moins trois mois d'attente! A la fin juillet, n'ayant toujours pas de nouvelles, j'ai contacté la clinique, afin de savoir où mon dossier en était. On m'a répondu: en août, on ne fait pas de traitements de la douleur, car il n'y a pas d'anesthésiste disponible. Les horaires ne sont pas faits pour septembre. Il y a 25 personnes avant vous.»

Crainte de séquelles

«Sachant que l'anesthésiste ne dispose que d'une journée par semaine pour ce type de traitements, j'ai calculé que j'en avais encore quatre mois d'attente! La douleur est constante. Mon état s'est détérioré, au point où je me déplace avec une marchette. J'ai une perte de sensibilité de la jambe droite et des faiblesses dans les jambes. A cause de la lenteur du système de santé, je crains maintenant des dommages irréversibles, même après une chirurgie de décompression», exprime Mme Hay.

Infirmière auxiliaire dans le secteur privé, celle-ci est en arrêt de travail depuis février. Ses douleurs au dos et sa perte de mobilité l'ont obligée de renoncer à plusieurs activités et loisirs. «La douleur est parfois telle que je dors dans mon «lazy-boy» en position foetale. J'ai loué une chaise roulante pour aller voir l'exposition «Bodies». Je ne cherche pas d'indemnités d'invalidité, je cherche à être guérie!»

«Le problème avec le système de santé, c'est que les professionnels, à la base, n'ont pas les outils pour travailler convenablement. Je tire la sonnette d'alarme pour tous ceux qui attendent comme moi de voir leur douleur soulagée», énonce Mme Hay.

Cette dernière a reçu, le 2 septembre, un accusé de réception de la Commission locale aux plaintes du CHUQ, qui dispose de 45 jours, voire davantage, pour lui communiquer ses conclusions. Hier, la patiente n'avait toujours aucune date fixée pour son premier traitement de cortisone.

johanne.roy@journaldequebec.com

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