« JE VEUX ËTRE SOIGNÉE »
Ça bouge
Archives René Baillageon
Les démarches incessantes de Chantal Hay pour obtenir des traitements à la clinique de la douleur du CHUL ont porté fruit, mais la patiente ne crie pas victoire pour autant.
A la suite de sa mise en demeure au CHUQ, afin qu'on lui fournisse les soins prescrits, Mme Hay recevra sa première épidurale de cortisone, le 14 octobre prochain, après plus de cinq mois d'attente. Cette infirmière auxiliaire de 56 ans, de Québec, ne crie pas victoire pour autant.
«Mon dossier a avancé, mais combien d'autres patients qui souffrent attendent de façon indue d'être traités. Si tout le monde se battait comme je l'ai fait, les politiciens devraient mettre leurs culottes pour améliorer l'accès aux soins. Il faudrait un tollé général», soulève-t-elle.
Comme le rapportait le Journal de Québec, hier, cette patiente a pris les grands moyens pour obtenir d'être soignée. Souffant d'une compression de la moelle épinière de deux vertèbres lombaires, Mme Hay a vu son état se détériorer et elle craint maintenant des dommages irréversibles, même après une chirurgie de décompression.
Le cas de cette patiente n'est pas unique. Plus d'un millier de personnes sont en attente de traitements, pour des périodes allant de trois mois à près de cinq ans, à la clinique de la douleur du CHUL, en raison du manque de ressources.
Cas similaire
Un résident de la rive-sud de Québec, âgé de 67 ans, en sait quelque chose, car il attendu un an un premier rendez-vous à la clinique de la douleur de l'Hôtel-Dieu de Lévis. N'allez pas croire que ses maux soient soulagés. Ce retraité est toujours en attente d'être opéré au dos, à l'hôpital de l'Enfant-Jésus, après presque deux ans passés dans les méandres du système de santé.
«J'ai consulté en octobre 2007 pour un mal de dos. En janvier 2008, j'ai subi une résonance magnétique et j'ai ensuite été référé à la clinique de la douleur de l'Hôtel-Dieu de Lévis pour des traitements de cortisone. Les délais devaient être de trois mois....j'ai été appelé pour ma première injection un an plus tard, en février 2009!»
«On m'a alors dit: cela ne marche pas, car votre condition ne correspond plus à ce que montre votre résonance magnétique; une deuxième résonance est nécessaire. Imaginez les coûts inutiles et tout ce temps perdu! La deuxième injection ne donnant pas les résultats escomptés, il reste alors l'opération. Je dois en principe être opéré, à la fin septembre ou au début d'octobre, mais je n'ai toujours pas de nouvelles. Ma santé et ma qualité de vie sont foutues en l'air depuis deux ans», déplore-t-il.
johanne.roy@journaldequebec.com