Santé

Le « success story » de la radiothérapie

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Johanne Roy @

Journal de Québec, Publié le:

Être à l'écoute des besoins des patients et des gens sur le terrain... voilà la recette gagnante du Dr Jean-Paul Bahary, chef de la radio-oncologie du CHUM, qui a participé au success story actuel des services de radiothérapie au Québec.

On se souvient de ces centaines de Québécois qui ont dû recevoir leurs traitements de radiothérapie aux États-Unis, à la fin des années 90.

Dans les centres québécois de radiothérapie, les listes d'attente de près de 600 patients cancéreux étaient désastreuses. Les délais s'étiraient jusqu'à 12 et 16 semaines, tandis qu'on manquait cruellement de ressources humaines et d'équipements.

En pleine tourmente

Le Dr Bahary a pris son poste à l'hôpital Notre-Dame au beau milieu de cette tourmente. Les patients étaient inquiets au plus haut point. À chaque semaine qui passait, ils craignaient que leur état ne s'aggrave.

« Lorsqu'une collègue a appelé la ministre de la Santé de l'époque, Pauline Marois, pour lui dire qu'il fallait transférer des patients aux États-Unis, les politiciens ont mesuré l'ampleur de la crise. Cela a été un travail d'équipe de longue haleine. On a établi un plan sur 10 ans afin d'opérer les changements nécessaires et obtenir de nouveaux équipements. »

« Nous avons mis en place un comité de suivi, qui allumait la lumière jaune lorsqu'on n'allait pas dans la bonne direction. Tout n'est pas parfait, mais, aujourd'hui, la très grande majorité des patients sont traités dans les délais prescrits de quatre semaines. Notre objectif n'était pas seulement d'abaisser le temps d'attente, mais aussi d'assurer la qualité des traitements. On n'a jamais fait de compromis là-dessus », a fait part le Dr Bahary, à l'occasion du 23e Congrès de l'Association canadienne de radio-oncologie qui se tient à Québec jusqu'à aujourd'hui.

Intégration des services

Un élément de succès dans une telle démarche est de s'entourer d'une équipe de personnes expérimentées et passionnées par leur métier. « Mettre l'accent sur les patients est toujours gagnant. Il faut avoir un bon leadership et faire participer la base aux décisions. On a procédé à l'intégration des services dans les différents niveaux de soins, hôpitaux et disciplines. Il y a eu des frustrations à certains moments, car les changements prennent du temps. »

Au CHUM, entre 2000 et 2004, plus de 41 millions de dollars ont été investis en radio-oncologie. En 2000, le Québec comptait 42 radio-oncologues; on en dénombre 84 actuellement, dont 19 dans la capitale et l'est du Québec, comparativement à 12, neuf ans plus tôt. « Le défi est maintenant de maintenir le cap afin d'éviter de passer d'une crise à une autre. Le vieillissement de la population augmentera les besoins en radiothérapie de 3 % par an au cours des prochaines années », souligne le Dr Bahary.

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