Rénovations
Une étude de l'INRS déconseille le PPP à l'Hotel-Dieu de Québec
Le professeur-chercheur Pierre J. Hamel en vient à la conclusion qu'entreprendre de construire un hôpital en mode PPP est « beaucoup trop risqué ». Dans le cas d'un hôpital universitaire, cela devient, selon lui, carrément « périlleux ». « La formule PPP constitue un handicap majeur pour un projet susceptible d'évoluer. »
« Les hôpitaux issus d'un PPP sont généralement non seulement plus chers, mais encore plus petits et surtout plus limités et moins adaptables au changement. Le problème, c'est que personne ne voudrait en 2040 d'un hôpital de 2010, même s'il avait été bien fait et construit selon les règles de l'art et même s'il avait intégré les dernières innovations connues 30 ans plus tôt », met en évidence M. Hamel, spécialiste du financement et de la gestion des infrastructures urbaines.
Son étude a été réalisée à la demande du Conseil provincial des affaires sociales (CPAS), du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et du Groupe de recherche sur l'innovation municipale (GRIM). Le rapport de 300 pages fournit d'ailleurs des arguments supplémentaires au syndicat SCFP des employés généraux de l'Hôtel-Dieu de Québec, qui s'oppose fermement au mode PPP pour ce projet de modernisation de plus de 735 millions de dollars.
Cap sur le PPP
Le cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, a pris connaissance de l'étude hier. « Ça ne change pas notre discours. Comme cela a été annoncé en janvier, les travaux préparatoires se feront en mode conventionnel. Dans les prochains mois, nous serons en mesure d'annoncer la deuxième phase du projet, ainsi que le mode retenu. Pour l'instant, on maintient le cap sur le mode PPP », a fait savoir l'attachée de presse du ministre, Karine Rivard. Le professeur Hamel est toutefois catégorique. « Le projet de rénovation et d'agrandissement de l'Hôtel-Dieu de Québec, le plus vieil hôpital en Amérique du Nord, est déjà suffisamment complexe. Construire ou rénover un hôpital en mode PPP, c'est manquer de vision et hypothéquer l'avenir, tout en acceptant de payer plus cher.»