Pour toujours les Canadiens

Un long-métrage pour le peuple

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Michelle Coudé-Lord

Journal de Montréal, Publié le:

« Oui, il y a certains clichés dans mon film que j'assume entièrement », confie Sylvain Archambault, réalisateur du film Pour toujours les Canadiens.

© Courtoisie

« Oui, il y a certains clichés dans mon film que j'assume entièrement », confie Sylvain Archambault, réalisateur du film Pour toujours les Canadiens.

Lundi, le réalisateur du film Pour toujours les Canadiens, Sylvain Archambault, a défendu son œuvre qui a été critiquée durement la semaine dernière. Il souligne avoir fait « un film pour le peuple et non pour l'ego de certains journalistes ».

« Dès qu'on parle des Canadiens, on touche à quelque chose de sacré. Je ­savais très bien que je ne pouvais pas arriver à plaire à tout le monde », confiait-il hier en entrevue.

Il faut rappeler qu'à cause de la disponibilité du Centre Bell, TVA Films a dû devancer sa première de trois ­semaines. Une première qui a réuni 14 000 personnes au Centre Bell lundi dernier. Jamais une première au cinéma n'a réuni autant de monde, la soirée fut donc inscrite aux records Guinness.

Mais le film ne sort en salles que le 4 décembre. Un embargo pour les ­critiques a été demandé comme c'est le cas pour tous les films. Or, certains critiques de La Presse n'ont pas respecté l'embargo et n'ont pas été tendres ­envers le film de Sylvain Archambault.

« Un manque d'éthique »

Hier, le réalisateur dénonçait cette manière de faire.

« C'est un manque d'éthique profond de ne pas respecter un embargo. C'est de l'égocentrisme. Ce sont des critiques plus intellectuelles, plus anticommerciales, mais ils doivent savoir que leurs commentaires ont été reçus comme de l'eau sur le dos d'un canard. On fait des films pour le peuple, pas pour des journalistes. Mais ce sont les mêmes critiques qui ont dit que De père en flic n'était pas bon. Ces gens-là ­n'aiment pas les petits films pour la ­famille. Il y a certains clichés dans mon film et je les assume entièrement. Je sais que la population aime déjà, nous sommes en tournée des régions et j'ai déjà de beaux témoignages des gens qui ont aimé se souvenir de cette ­grande histoire des Canadiens. »

« Je savais que j'allais être attaqué, mais je suis surpris du mépris de ­certains journalistes. Oui, ils ont le droit de critiquer, mais je débarque quand je sens du mépris envers les artisans d'un film et son auditoire. Pour moi, un tel mépris n'a pas sa place. Pour moi, c'est l'expression d'une faiblesse », précise Sylvain Archambault.

Appui du Canadien

Il tient à souligner que l'organisation du Canadien a ­offert une belle collaboration pour le projet.

« Ils ont été des guides. Bien sûr qu'ils étaient là aussi pour protéger leur image, j'aurais fait les mêmes choses dans les circonstances. Ils nous ont surtout conseillés sur tel joueur à mettre en évidence par rapport à un autre. Ils ont été d'un total appui, mais n'ont pas voulu prendre le contrôle du plateau comme certains ont voulu le laisser entendre. »

Le réalisateur de Pour toujours les Canadiens dit avoir de la difficulté à ­définir son film.

« Ce n'est pas un documentaire, ni un docu-fiction. C'est l'histoire d'un gars qui fait un documentaire chez les Canadiens et qui a un fils qui joue au hockey. Par le biais de ce documentariste, on revit l'histoire du plus grand club au monde qui a gagné 24 coupes Stanley. Et à travers cela, il y a un enfant malade qui cherche ­l'espoir et le courage, et le trouvera ­parmi ses Canadiens. C'est un film sur l'espoir et le courage, un film qui veut toucher les gens. »

Un sprint de 23 jours

Et le réalisateur rappelle qu'il a eu cet important mandat de Cité-Amérique et non pas des Canadiens, puis que son budget était de 6 M$, et qu'il avait à peine 23 jours de tournage. Ce furent ses séries à lui. Un véritable sprint.

« Je ferais exactement la même ­démarche si c'était à recommencer, mais j'aimerais avoir plus de temps. Je déplore le fait qu'au Québec on n'a pas le droit au succès dès qu'une œuvre touche le grand public, touche la masse. C'est très réducteur; ça fait petits colonisés. Et il faut surtout ne pas donner d'importance à ces critiques qui regardent ces films de haut », conclut celui qui vient aussi de réaliser le film sur la vie du commandant Robert Piché.

√ Pour toujours les Canadiens arrive en salle le 4 décembre.

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