Grimaçant devant un récent jugement de divorce « qui m'a coûté toutes mes économies », Jean-Pierre Ferland apprivoise son nouveau statut de célibataire. « Si j'ai peur de vieillir seul? Pas du tout! Je veux vieillir seul... »
De passage à Québec, hier, en marge de la sortie de son nouvel album de duos, Bijoux de famille, le chanteur de 75 ans a accueilli le représentant du Journal dans sa suite du Château Frontenac. Bien calé dans son fauteuil, le petit roi se raconte avec cette franchise qui l'a toujours caractérisé.
Il ne cache pas que son récent divorce l'a sérieusement hypothéqué. « Ça m'a coûté " trrrèès " cher; en fait, presque toutes mes économies y ont passé.
Mais j'ai gardé ma ferme avec mes animaux et mes bâtiments; j'ai sauvé mes bébelles. Pour moi, c'est ce qui importe le plus. À mon âge, on n'a plus un gros train de vie. Je me contente de ce que j'ai. Encore la semaine dernière, à 6 h du matin, j'ai aperçu de ma fenêtre trois beaux chevreuils qui mangeaient mes pommes. Pour moi, ça vallait tout l'or du monde... »
Sa nouvelle solitude ne lui pose pas de problème. « Je fais ma cuisine, je fais ma vaisselle et j'ai plusieurs bonnes amies de filles avec qui je ne couche pas. J'ai besoin de la présence féminine. Je préfère me confier à une femme plutôt qu'à un homme ». Il n'y a donc pas de nouvelle amoureuse dans sa vie « et je crois qu'il n'y en aura jamais plus. Je m'entends bien avec moi-même et puis, je ne manque pas d'amour », ajoute le chanteur qui a toujours déclaré que c'est dans la chanson qu'il avait trouvé le moyen d'attirer les femmes. En 2000, il épousait Dyane Lessard, sa conjointe des deux dernières décennies.
« Il faut dire que je ne me donne pas d'occasions de m'ennuyer; j'ai toujours quelque chose à faire à la maison. Je fais de la création, pas juste des chansons pour d'autres. Pour moi, creuser un lac de six kilomètres, c'est de la création, tout comme la réalisation d'une fontaine en bois; j'aime le travail manuel ».
Sa séparation amoureuse l'a amené à un « retour sur moi-même », qu'il décrit comme un exercice « pas désagréable ». Victime d'un AVC, en 2006 au Centre Bell, il se dit en bonne forme « et doté d'une grande capacité de récupération ». Il entend se faire vacciner dans les prochains jours, « surtout pour se protéger dans les avions».
Au fil des ans, Jean-Pierre Ferland a du apprendre à combattre ses peurs. « J'avais peur de tout; j'avais peur de ne pas plaire, j'avais peur de manquer de talent; j'avais même peur d'être pauvre... » Mais aujourd'hui, il ne craint plus la pauvreté, même si son divorce a sabré dans ses économies. « Quand il n'y en aura plus (d'argent); il y en aura encore; mais je devrai travailler. Mon problème, ajoute-t-il avec son éternel sourire de gamin espiègle, c'est que j'aime dépenser. Pour dépenser, ça prend de l'argent et pour avoir de l'argent, faut travailler... »