Figure de proue dans le milieu des communications à Québec, Renée Hudon livre un pan de sa vie dans le récit À qui la petite fille?, que publie actuellement les Éditions de l'Homme.
L'ouvrage de quelque 160 pages relate la quête que Mme Hudon a menée, de sa mère adoptive à sa mère biologique, de Simone et à Irène, deux femmes à la personnalité et au destin hors du commun. Le livre est écrit sur un ton intimiste, comme si l'auteure nous parlait dans le creux de l'oreille.
Deux ans
Le témoignage de Mme Hudon encouragera sans doute toutes les personnes qui entreprennent des démarches pour retrouver leur mère (ou parents naturels). Il est peu question, ici, de la vie professionnelle de l'auteure, qui a été animatrice à Télé-4 (aujourd'hui TVA), à Radio-Canada et longtemps associée au Salon du livre de Québec, où elle sera d'ailleurs présente du 7 au 11 avril. Renée Hudon n'aborde pas non plus sa vie personnelle (son mari, ses enfants, ses amis). « Il m'aurait fallu 500 pages, lance-t-elle en riant. Ce n'était pas le but du livre », précise-t-elle plus sérieusement.
L'idée d'écrire ce livre remonte à 2004. En compagnie de celui qu'elle appelle son « frère choisi », l'homme de théâtre Richard Aubé, Renée Hudon a coécrit son histoire sous forme d'un huis clos théâtral. « Le texte Jeanne à Jamais racontait mes retrouvailles avec Irène, ma mère biologique. Les comédiennes Denise Verville et Linda Laplante interprétaient alors les rôles de ma mère et moi. Ma mère était d'ailleurs dans la salle au moment de la lecture publique. Or une de mes amies dans le monde de l'édition a lu le texte en question et m'a suggéré d'élargir le sujet en parlant de l'autre mère. » L'ouvrage raconte le parcours de Simone et Irène... À la fin de À qui la petite fille?, Renée Hudon fait même état des points qu'elle a en commun avec ses deux mères.
Un autre livre
Pendant quelque deux ans, Renée Hudon s'est affairée à écrire son histoire. Elle a pleuré en se remémorant cette partie de la sa vie. « L'exercice d'écrire a été difficile. Moi, j'ai gagné ma vie avec la parole non pas avec l'écriture. Je n'ai pas le talent d'un romancier. J'avais oublié à quel point il était difficile de garder un niveau de langue de qualité en écriture. J'avais aussi sous-estimé l'impact émotionnel que me procurait le livre. Je suis remontée jusqu'à la jeunesse de ma mère. »
Si écrire lui a été difficile, Renée Hudon dit maintenant qu'elle se lancera peut-être à nouveau dans l'aventure. Elle aimerait écrire une fiction à partir de la vie de la nounou de son enfance, Antoinette. Elle souhaiterait aussi écrire un conte pour son petit-fils. « Mais, je suis quelqu'un qui écrit de nuit. Avec les cours que je donne à l'Université Laval en communication orale et mon entreprise (Parole publique), il faut que je trouve du temps. »