Alors qu'elle déambulait dans une rue de New York, une voyante a interpellé l'avocate Isabelle Laflèche. Sans ménagement, elle lui a dit qu'elle passait à côté de son destin et devait plutôt se mettre à écrire...
Cette rencontre surprenante est à l'origine de J'adore New York, premier roman qui fait tout un début puisqu'il est publié simultanément en français chez Québec Amérique, en anglais chez Harper Collins Canada et en allemand chez Droemer Knaur. Le bouquin se retrouve d'ailleurs déjà dans les palmarès des succès dans les grandes librairies québécoises.
«J'étais en période de réflexion et cette femme m'a carrément arrêtée sur la rue pour me dire qu'à 29 ans, j'aurais dû écrire un roman et être publiée partout dans le monde, mais que j'avais passé à côté de mon destin», raconte l'auteure en entrevue téléphonique.
Sur le coup, elle a pensé avoir affaire à une folle. Puis, elle s'est ravisée. «Dans le fond, j'ai toujours eu un côté artistique et je l'ai mis de côté, parce que les exigences de mon travail ne me permettaient pas de passer beaucoup de temps là-dessus. Par curiosité, j'ai décidé de prendre un cours en rentrant à Montréal pour voir si cette voyante avait raison. J'ai eu de bons commentaires de mon professeur et des étudiants dans la classe.»
BIEN DÉCIDÉE
Inspirée par la lecture de romans de chick lit comme Le diable s'habille en Prada et Nanny: journal d'une baby-sitter, Isabelle Laflèche a mis de côté les rapports financiers et la jurisprudence et s'est installée devant son ordinateur avec une idée en tête.
«Je me suis dit: "Tiens, je pourrais faire un peu la même chose, mais dans le domaine légal."» Son premier roman allait voir le jour en anglais. «J'ai habité pendant six ans à Toronto et pendant cinq ans à New York. Écrire en français, ce n'est pas toujours évident pour une personne qui a vécu dans un milieu anglophone. On oublie rapidement toutes les règles de grammaire... Ça peut paraître bizarre, mais c'était plus facile pour moi d'écrire en anglais.»
Sa première ébauche lui a demandé neuf mois de travail. Elle l'a ensuite présentée à des agents et à des maisons d'édition, qui lui ont formulé des commentaires encourageants, mais lui ont répété que son livre n'était pas prêt. Inlassablement, elle a poursuivi son travail et, quelques mois plus tard, une porte s'est ouverte chez Harper Collins. J'adore New York a ensuite été traduit en français et publié chez Québec Amérique.
SUCCÈS DE LIBRAIRIE
Son roman se retrouve maintenant au palmarès des succès de librairie. «C'est au-delà de mes espérances et je suis ravie que mon histoire ait été aussi bien reçue. Si l'histoire fait réfléchir des gens qui ne sont pas dans la bonne voie ou qui sont en remise en question et que ça peut les aider, pour moi, c'est encore plus important que les palmarès.»
J'adore New York aura une suite et l'auteure en a déjà établi les grandes lignes. Elle a terminé une semaine de recherches à Paris et compte se remettre à l'écriture le mois prochain, après quelques jours de vacances dans son chalet en Estrie.
Plus près de l'autofiction que de la biographie
L'histoire de Catherine Lambert, une avocate parisienne qui reçoit une proposition d'un des plus importants cabinets d'avocats de Manhattan, propulse le lecteur dans l'univers chic et glamour de la vie new-yorkaise.
Catherine est emballée par son nouveau boulot, mais découvre vite le côté sombre de la profession: des heures facturables interminables, une supérieure aux exigences délirantes, les avances d'un client libidineux, les manigances des secrétaires. Une rencontre inattendue lui fait connaître le shopping et les soirées chics... jusqu'à ce qu'une demande contraire à l'éthique se présente et qu'une réévaluation de son mode de vie s'impose.
Isabelle Laflèche, qui a travaillé en droit pendant dix ans, considère qu'il y a une partie d'Isabelle dans le personnage de Catherine, mais précise que J'adore New York n'est pas de l'autofiction. «J'aime bien la mode, je pense que j'ai un bon sens de l'humour. Évidemment, je ne suis pas Française. C'est inspiré par certaines de mes expériences au travail, mais c'est exagéré. C'est pour faire rire, c'est fait pour divertir.»
Elle est aussi passionnée par la mode, mais ne s'habille pas en Dior. «Ce n'est pas dans mes moyens!» Comme avocate, Isabelle a réellement travaillé pendant des heures et des heures, mangé quantité de restes de mets chinois commandés pendant la journée, refoulé les avances de clients libidineux et côtoyé des gens pas toujours sympathiques.
«Quand on travaille dans un milieu où il y a beaucoup de pression, où on brasse des affaires qui valent plusieurs millions de dollars, effectivement, parfois, on rencontre des gens qui ont l'ego un peu plus gros que la normale.»