Un nouvel album en français pour Kevin Parent

Marie-France Pellerin / Agence QMI

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Kevin Parent

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Kevin Parent

Kevin Parent s'apprête à lever le voile sur ses toutes dernières créations. Plus de deux ans après avoir lancé un premier album en anglais, Fangless Wolf Facing Winter, l'auteur-compositeur-interprète renoue avec sa langue maternelle, présentant un nouvel opus intitulé tout simplement Kevin Parent.

Avec ses accents folk et lumineux, il apporte un peu de chaleur en ces premières froideurs automnales.

Que représente ce nouvel album pour toi?

Ce sont de nouvelles chansons représentant où je suis rendu dans ma vie. Ce sont les mêmes sujets que j'aborde habituellement mais vus d'un regard et d'un angle différents. On évolue avec le temps, parfois on régresse. Ces chansons viennent se rajouter à mon répertoire car il y a le trip du disque, mais il y a aussi celui de se renouveler un peu pour présenter de nouveaux shows.

Es-tu retourné dans ta Gaspésie natale pour composer?

J'ai composé surtout lorsque j'enregistrais mon album en anglais. Je me concentrais vraiment sur le disque. Donc quand quelque chose me venait en français, je ne me censurais pas. Je me laissais juste l'écrire, et ça a donné des chansons bien simples. Il n'y a pas de grande poésie là-dedans, mais ça vient du cœur.

S'agit-il du même univers de création que ton album anglophone?

Non, parce qu'écrire en anglais et en français, ce sont deux approches bien différentes. C'était un beau défi de faire l'album en anglais. J'ai vraiment adoré. Ça a fait de la place pour écrire davantage en français. Un a mené à l'autre.

Comment s'est déroulée la réalisation?

L'album en anglais, c'est moi qui l'avais réalisé. J'étais beaucoup plus présent sur la console et avec les musiciens. Cet album-ci, j'arrivais avec les chansons prêtes à 95%, avec la structure musicale, mais j'ai délégué la prise de son. C'était le département des frères Grand. Ils ont eu carte blanche pour la réalisation. Ils ont rajouté de la texture : du violoncelle par exemple, et des cuivres.

Il faut avoir une confiance solide en ses collaborateurs pour les laisser manier ses œuvres.

Au début, je n'étais pas habitué. Je venais de réaliser ma propre affaire. Pour l'album anglais, j'avais engagé des musiciens. On passait beaucoup de temps en studio, et j'étais plus impliqué. Là, je voyais qu'ils voulaient vraiment garder le contrôle. À un certain moment, ça a créé des frictions. Quand j'ai lâché prise, on a commencé à avoir du fun. Finalement, ça m'a amené ailleurs et avec un peu de recul, je trouve qu'ils ont fait une bien bonne job.

Tu avais d'abord retenu le titre Miguasha pour finalement intituler l'album Kevin Parent. Pourquoi?

J'avais aussi en tête Naufrage urbain. Finalement, l'un comme l'autre ne fonctionnait pas. Miguasha était un beau titre, mais ça ne représentait pas toutes les chansons. J'étais pris à Montréal, et je ne pouvais même pas aller faire les photos de la pochette en Gaspésie. Naufrage urbain, c'était un beau jeu de mots, mais je trouvais que ça faisait un peu pessimiste, froid et distant. Ça ne représentait pas la chaleur de l'album. J'ai choisi de l'intituler Kevin Parent et ainsi mettre l'accent sur les chansons plutôt que sur le titre.

L'album est teinté d'espoir et de luminosité, mais tu y abordes en même temps les amours déçues.

Un peu, avec La petite sirène. C'est une chanson que j'avais écrite en anglais il y a dix ans et que j'ai traduite. C'est une vieille histoire. Avec le recul, ce n'est plus vraiment un amour déçu. Je l'ai fait à l'ukulélé, accompagné de ma choriste. Elle est plus happy que triste. Avec la pièce Prends-moi comme chus, c'est plutôt de se dire que j'ai 36 ans, que c'est ça ma vie et que je ne changerai pas du jour au lendemain. Chassez le naturel, et il revient au galop. Ça permet de dédramatiser le tout. Arrêtons de nous prendre au sérieux, de jouer des games relationnelles et de nous casser la tête avec la perfection. Ça n'existe pas. C'est la pièce qui représente le plus où j'en suis aujourd'hui dans ma vie.

Tu abordes aussi la quête du bon chemin, notamment dans Rage de vivre.

C'est probablement la chanson la plus introspective de l'album. Ce sont des restants d'angoisse qui traînent en moi, mais ça ne représente pas tout l'album.

Ne perçoit-on pas également un côté nomade, particulièrement sur la pièce Chevaux sauvages?

C'est une réponse à Trop de ton temps, la chanson précédant Chevaux Sauvages. Une de mes amies a fait un long voyage et à son retour, elle a attrapé le blues et est retombée dans la routine. Tu voles de tes propres ailes et maintenant, tu dois les replier et rentrer dans la cage. C'était donc de lui dire : «repars et voyage dans ta tête.»

Tu te promènes beaucoup entre Montréal et la Gaspésie. Te considères-tu comme un nomade?

Non, je suis un gars curieux. J'aime parler aux gens, apprendre. J'adore écouter. Je ne voyage pas beaucoup. Je n'ai pas besoin d'aller à Bora-Bora pour avoir un choc culturel et réaliser que finalement, il faut que j'apprécie la vie. Être nomade, c'est changer de place parce qu'on trouve que ça stagne. Soit tu fous le camp, soit tu prends la peine de poser les bonnes questions pour faire avancer les sujets et passer à autre chose. On peut avoir du fun et triper sans aller à l'autre bout du monde. Kevin Parent sera disponible sur les tablettes le 13 octobre prochain.

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