Créateur d'une quarantaine d'œuvres dont neuf pour orchestre, six pour voix et chœur et même une pour opéra, le compositeur Gilles Tremblay, qui a consacré trente-cinq ans à l'enseignement de la musique, est le deuxième à se voir attribuer le statut de « trésor national » par la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ).
En plus de vivre une semaine et même une année remplies d'activités pour lui rendre hommage partout au Québec, le compositeur de 78 ans a été honoré à l'Assemblée nationale du Québec, hier après-midi, alors que la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a fait une déclaration en chambre visant à faire reconnaître officiellement Gilles Tremblay comme « trésor national ».
Hier matin, le compositeur avait eu droit à un autre hommage venu de ses pairs, plus modeste certes mais combien vibrant, d'autant plus que trois de ses œuvres ont été interprétées : Musiques de l'eau par la pianiste Louise Bessette, Envol, alleluia pour flûte seule avec Marie-Hélène Breault de même que Champ 1, oeuvre pour piano et deux percussions, interprétée par Nathalie Lépine, Charles-Alexis Côté et Mathieu Pouliot du Conservatoire de musique de Québec. Le compositeur a d'ailleurs fait ses débuts dans l'enseignement à cet endroit avant d'être nommé responsable de la classe d'analyse au Conservatoire de Montréal, en 1962, et des cours de composition en 1967, jusqu'à sa retraite en 1997.
Un projet pour les élèves
Durant toute l'année, pas moins d'une soixantaine d'événements dont 50 concerts sont offerts dans tout le pays pour lui rendre hommage. Seulement ce mois-ci, six concerts à Québec, Montréal et Toronto permettront d'entendre une œuvre du compositeur, considéré comme l'un des plus grands de l'histoire moderne du Québec.
Cette semaine prendra une dimension très particulière dans l'hommage orchestré par le SMCQ, en collaboration avec le Centre de musique canadienne au Québec et la Fédération des associations de musiciens éducateurs du Québec, avec le projet Grand jeu/Grande écoute. Celui-ci amène près de 15 000 élèves d'un peu partout au Québec à jouer ou à écouter en classe une œuvre de Gilles Tremblay.
Dans la région de la Capitale-Nationale, ce sont 1 238 enfants de 10 écoles dont Les Sources, L'Arbrisseau, La Camaradière et Les Ursulines de Québec, de même que 738 de la région Chaudière-Appalaches, qui auront la chance de participer au Grand Jeu/Grande écoute, mis en place pour faire connaître et reconnaître celui qui est considéré comme l'un des pères de la musique québécoise.
Les milliers de jeunes qui participent à l'événement se verront remettre une très jolie bande dessinée écrite par Marie Décary et illustrée par Élisabeth Eudes-Pascal pour plonger dans l'univers fascinant du compositeur.
Heureux et modeste
« Dans toute ma musique, j'essaie de toucher à ce qu'il y a de plus vrai dans l'être humain et les enfants savent reconnaître ce qui est vrai », affirme le compositeur Gilles Tremblay, heureux de joindre près de 15 000 élèves par sa musique dans les écoles du Québec, cette semaine.
Admettant que les compositeurs sont peu reconnus dans notre société, le créateur et enseignant, natif d'Arvida au Saguenay, soutient qu'il ne pense jamais à ça et préfère donner libre cours à la musique que lui inspire tout particulièrement la nature. Modeste, il soutient que son prédécesseur, le compositeur Claude Vivier, honoré en 2008, le méritait bien plus que lui.
De tous les événements prévus pour lui rendre hommage, il s'avoue particulièrement excité par le concert, demain à Montréal, offrant Les Vêpres de la Vierge, une œuvre composée il y a près de 25 ans à l'abbaye de Notre-Dame de Sylvanès, en France, pour un chœur mixte, un ensemble instrumental et une soprano solo.