Much Music veut abandonner la musique francophone

Charles-Antoine Gagnon / Agence QMI

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Much Music veut abandonner la musique francophone
Much Music s'apprête à donner un dernier baiser à la musique francophone.

La chaîne nationale spécialisée dans les émissions de musique demande au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) la permission de réduire de moitié le nombre d'heures qu'elle doit allouer à la diffusion de vidéoclips musicaux, toutes langues confondues.

Le vice-président senior et directeur général de Much MTV Group, Brad Schwartz, mentionne que la chaîne doit s'adapter avec la réalité d'aujourd'hui alors que les clips musicaux d'artistes et de groupes sont accessibles et vus sur plusieurs plateformes, telles qu'internet, les téléphones cellulaires, You Tube et sur la télé à la carte. Ils peuvent donc être regardés à n'importe quel moment.

Si le CRTC devait approuver la requête, cela signifiera la fin de la quotidienne de 30 minutes French Kiss, qui met en vedette la musique francophone.

« À l'époque, lorsque Much Music était le seul endroit où vous pouviez regarder des vidéoclips francophones, la chaîne avait un rôle important afin que les gens à travers le pays puissent les visionner. C'était la seule manière qu'ils pouvaient les voir. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas », note M. Schwartz.

Michel Bénac, leader et fondateur du groupe franco-ontarien Swing, s'oppose à la démarche de Much Music.

Le chanteur précise que la chaîne anglophone a été plus ouverte à la diffusion de leurs vidéoclips que ne l'a été Musique Plus.

French Kiss, indique Michel Bénac, permet aux artistes s'exprimant en français d'être vus et découverts par les francophones et anglophones du Canada, à l'extérieur du Québec.

« Je suis toujours un peu choqué de constater qu'il est difficile d'avoir quelque chose de bilingue quand tu restes à l'extérieur du Québec, malgré que le Canada soit un pays officiellement bilingue », déplore le chanteur de Swing, un groupe qui mélange les styles urbain et traditionnel.

La moitié de la programmation quotidienne de Much Music est composée de clips musicaux. La chaîne demande à l'organisme de réglementation fédéral que son quota passe à 25 %, soit six heures par jour.

Much Music remplacera les heures dédiées à la diffusion de vidéoclips par des émissions à saveur musicale comme, par exemple, disBAND, qui donne une fenêtre aux jeunes groupes musicaux afin de donner un coup de main à leur carrière.

« Much Music est une marque de commerce canadienne puissante et reconnue, et c'est notre responsabilité de maintenir cette entreprise bien en vie et florissante. Nous devons donc penser à de nouvelles manières pour connecter la musique avec notre audience, et ne pas demeurer dans la vieille façon de faire de diffuser des vidéoclips musicaux », explique M. Schwartz

Julie Gariépy, directrice des communications l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), a indiqué que l'organisme étudie le dossier et fera connaître sa position, s'il y a lieu de le faire, d'ici le 25 juin.

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