Sherazade

Comme sur un tapis volant

CA_PierreONadeau

Pierre O. Nadeau @

Journal de Québec, Publié le:

Le spectacle réunit une trentaine d'artistes québécois recrutés parmi 1 000 candidats aux auditions.

Photo ANNIE T. ROUSSEL

Le spectacle réunit une trentaine d'artistes québécois recrutés parmi 1 000 candidats aux auditions.

Pari gagné pour Sherazade, les mille et une nuits, qui affiche les couleurs d'un spectacle musical imaginé par le Cirque du Soleil! Enfin, presque.

Comme dans OVO et Les chemins invisibles, présentés tout près, le spectateur se retrouve devant un déploiement visuel raffiné, et des performances impressionnantes rendues, ici, par une distribution 100% québécoise!

L'envergure du décor représentant le palais d'un sultan, la qualité des costumes, et la richesse de la musique orientale donnent du tonus à cette production d'une rigueur professionnelle exemplaire, farcie de belles trouvailles, comme la libération d'Aladin de sa lampe magique ou ces danseuses de baladi coiffées d'imposants. chandeliers!

Du début à la fin, les chansons s'enchaînent pour raconter l'histoire de Sherazade, qui incarne l'emblème du pouvoir féminin au travers de la séduction dont elle sait user pour arriver à ses fans. Le ton des chansons - parfois trop monochrome - nous ramène à Don Juan du même auteur. Quelques pièces plus rythmées, moins larmoyantes, serviraient davantage le propos. et la clientèle masculine!

Cassiopée

Défilant en crescendo, le spectacle laisse tardivement transpirer l'émotion, le temps que le public se laisse apprivoiser par ces visages dans l'ensemble peu familiers à l'exception de Cassiopée, à la présence détonante. La production mise sur de jeunes talents, recrutés parmi 1 000 candidats, qui témoignent de nouveau de la richesse vocale au Québec.

Après un succès retentissant à Montréal (37 000 spectateurs), l'oeuvre de Félix Gray s'amène enfin à Québec pour nous transporter sur le tapis magique de ce conte des mille et une nuits, qui nous transporte gracieusement au pays des rêves.

A la faveur d'une mise en scène inventive, on peut même voir le palais du Sultan se transformer au gré de l'enchaînement des tableaux qui font basculer la réalité vers l'imaginaire. Comme le spectacle est présenté sans entracte, le spectateur reste captif en appréciant toute cette démarche aux couleurs d'un cirque moderne.

Le spectacle aligne une trentaine de chansons, dont la moitié ont été rassemblées sur un album sorti en octobre dernier. L'oeuvre intégrale sera réunie sur un album live attendu pour 2010. Une longue route attend la production; une tournée du Québec est prévue pour l'an prochain; après quoi, Sherazade s'envolera pour l'Europe avec la même distribution. Pour le producteur québécois Patrick Levy, qui a investi 5 millions de dollars dans l'aventure, la rentabilité passe forcément par l'exportation du spectacle.

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