La reine Margot

Captivant d'un bout à l'autre!

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Denise Martel @

Journal de Québec, Publié le:

Mise en scène impressionnante, distribution sans faille, La reine Margot, à voir absolument au Théâtre de la Bordée jusqu'au 6 février.

© photo daniel mallard

Mise en scène impressionnante, distribution sans faille, La reine Margot, à voir absolument au Théâtre de la Bordée jusqu'au 6 février.

Bon jusqu'à la dernière goutte! Sans vouloir parodier la publicité, c'est néanmoins le sentiment qu'inspire la production La reine Margot sur la scène du Théâtre de la Bordée. Une pièce charnue, intense, livrée avec un souffle, une énergie de tous les instants provoquant un plaisir aussi palpable dans l'assistance.

Dès le départ, on est séduit par le décor, la musique, les costumes et la toute première scène qui scelle l'amitié entre Annibal de Coconnas (Eliot Laprise) et la Mole (Guillaume Perreault), pourtant émissaires des deux camps « ennemis ». Et le plaisir ne fait que commencer.

Héritière de la famille royale de France, Marguerite de Valois (Marie-Ève Pelletier) doit épouser Henri de Navarre (Simon Rousseau), le futur Henri IV. Elle est catholique, lui protestant. Il s'agit bien sûr d'un mariage politique concocté par sa mère, Catherine de Médicis (Danielle Lépine), présumément pour calmer les tensions religieuses qui déchirent la France du XVIe siècle.

En fait, celle qui régimente tout, bien que ce soit son fils Charles IX (Jonathan Gagnon) qui soit sur le trône, compte plutôt élargir son pouvoir et anéantir les protestants. Offusquée par ce mariage contre nature, Marguerite déteste les protestants jusqu'au fond de son âme, jusqu'à ce qu'elle fasse la rencontre de la Mole, chargé de délivrer un message de première importance à Henri de Navarre...

Mais c'est sans compter sur ses deux frères, l'arrogant duc d'Anjou (Frédérick Bouffard) et le dangereusement faible duc d'Alençon (Renaud Lacelle-Bourdon), sans parler de leur cousin, le duc de Guise (Gabriel Fournier)...

Distribution sans faille

Avec toutes ses tensions, ses luttes de pouvoir, ses histoires d'amour et de passion - pas toutes catholiques - ses alliances et trahisons de la pire espèce, mais aussi un certain humour, la production La reine Margot est captivante de la première à la dernière minute, et ce, même si la pièce, coproduite avec le Théâtre Denise-Pelletier à Montréal, où elle sera présentée du 24 mars au 21 avril, dure près de trois heures. On ne voit pas le temps passer.

Le propos est étonnamment clair malgré la complexité de l'intrigue. Il faut dire que la mise en situation avec deux dialogues, dans chacune des familles, servis en parallèle tout en se faisant écho, est rapide et efficace. D'ailleurs, la mise en scène de Marie-Josée Bastien est époustouflante!

Le défi était pourtant énorme, mais la metteure en scène, assistée de Jean-Philippe Durand, le relève avec brio. Il faut voir toutes ces allées et venues, ces jeux de coulisse, ces combats habilement chorégraphiés. Sans parler de la densité du texte qui s'amène avec une profusion de répliques qui tombent pile. La distribution est sans faille et La reine Margot est brillamment servie par onze comédiens qui se donnent à fond.

Bien sûr, il faut mentionner le jeu de Danielle Lépine qui fait une mère perfide, Jonathan Gagnon, Marie-Soleil Dion, Frédéric Bouffard, Eliot Laprise, mais il faudrait pratiquement tous les nommer. L'imposant décor nous transporte littéralement au Palais du Louvre tandis que la musique de Philippe Brault, étonnamment moderne par moments, se colle magnifiquement au drame. Chapeau à tous! À voir absolument au Théâtre de la Bordée d'ici le 6 février.

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