À la défense des moustiques albinos

Un rôle irrésistible pour Éva Daigle

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Denise Martel @

Journal de Québec, Publié le:

Lauréate du prix Janine-Angers pour son rôle dans L'asile de la pureté, au Trident, Éva Daigle interprète Martha dans À la défense des moustiques albinos, une pièce très actuelle qui se passe à Barcelone, mais pourrait se situer à Québec ou...

© photo camil lesieur

Lauréate du prix Janine-Angers pour son rôle dans L'asile de la pureté, au Trident, Éva Daigle interprète Martha dans À la défense des moustiques albinos, une pièce très actuelle qui se passe à Barcelone, mais pourrait se situer à Québec ou dans toute autre ville.

Le titre peut sembler étrange, mais À la défense des moustiques albinos est une pièce si actuelle, à l'humour si grinçant, aux dires de la comédienne Éva Daigle, qu'elle n'a pu résister à la tentation et a accepté d'interrompre son congé de maternité pour y interpréter le rôle de Martha.

La pièce a été écrite par Mercè Sarrias, une jeune auteure catalane en pleine ascension. Philippe Soldevilla a mis la main sur le texte lorsqu'il était membre d'un comité de lecture. Il a décidé de la traduire et de la mettre en scène.

C'est donc un grande première demain soir au Théâtre Périscope, où la pièce tiendra l'affiche jusqu'au 3 avril, puisque l'auteure n'a jamais été jouée au Québec et sans doute jamais au Canada, raconte grosso modo la comédienne, rencontrée dans un sympathique café à deux pas de chez elle et de sa petite Heidi.

« Les personnages sont très réalistes et proches de nous. Les spectateurs vont se reconnaître parmi eux. La pièce est très actuelle, et Philippe a choisi de garder l'action à Barcelone, mais ça pourrait se passer à Québec, Montréal, New York, Paris ou autre. C'est l'histoire de cinq personnages qui ont de la difficulté à gérer leur quotidien, tellement ils sont sollicités par la vie trépidante d'aujourd'hui.

« J'interprète Martha, le personnage central de la pièce. C'est une femme de 40 ans, divorcée et mère d'une ado. Elle est biologiste de formation et occupe un poste important au gouvernement. On devine qu'elle travaille au ministère de l'Environnement et trahit un peu ses idéaux, contrairement à son ex, qui est biologiste aussi mais milite toujours », explique Éva Daigle.

« C'est une femme sérieuse et traditionnelle. Elle veut être moderne et ouverte, mais c'est au détriment de ses valeurs profondes. Ses relations avec sa fille et son ex en souffrent. En plus, elle est un peu excessive et hystérique, elle a développé une fixation sur les panneaux de stationnement mal installés. »

Réalité et fantaisie

« Il y a un côté humoristique grinçant et actuel qui rappelle certains films de Pedro Almodovar. Les personnages sont réalistes, mais la mise en scène est fantaisiste et inventive. Un feu roulant, ça bouge tout le temps. C'est trépidant comme la vie d'aujourd'hui », ajoute la comédienne en précisant qu'elle et les autres comédiens − Serge Bonin, Nathaly Charette, Elsa Dallaire et Normand Poirier − sont sur scène en permanence.

« C'est une comédie qui tombe bien avec le printemps qui arrive, sans être trop légère ou loufoque. C'est une pièce qui fait rire et réfléchir sur notre propre comportement dans le monde actuel », poursuit-elle en se disant d'autant plus heureuse que la pièce est coproduite par le Théâtre Sortie de secours de Québec et le Théâtre de la Vieille 17, à Ottawa. Elle sera d'ailleurs présentée à Ottawa du 21 avril au 1er mai.

« Ça me rappelle des souvenirs parce que la première pièce que j'ai jouée quand j'étais au cégep était une production du Théâtre de la Vieille 17, mais c'est surtout stimulant parce que les concepteurs et les comédiens viennent de Québec, Ottawa et Montréal, ça nous amène à travailler différemment. »

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