Fabienne Larouche est déjà en train d'écrire la deuxième saison de Trauma, sa nouvelle série qui débute ce soir et qui coûte 710 000 $ l'heure. Son patron a déjà dit oui à une suite. Elle sait que le mardi soir, elle se battra contre le hockey à RDS et La promesse à TVA. Comme elle dit : « Il faut bien qu'il y en ait une qui aille au batte. »
C'est le Dr Ronald Denis, chef de la traumatologie de l'hôpital du Sacré-Cœur, qui lui a inspiré cette série qui veut démystifier le milieu des urgences hospitalières et le monde de la chirurgie. Et si les médecins n'étaient pas des dieux?
« Au fil des épisodes, les téléspectateurs pourront s'attacher à ces chirurgiens qui demeurent des humains comme vous et moi, avec leurs forces et leurs faiblesses », indique en entrevue Fabienne Larouche, productrice et auteure de la série.
Son ami le Dr Denis, qui a sauvé la vie de son mari Michel Trudeau, victime d'un ACV en skiant, il y a quelques années, est un héros aux yeux de l'auteure.
« C'est le même chirurgien qui opère des femmes atteintes d'un cancer du sein la veille de Noël afin de leur éviter l'angoisse de l'attente; il aurait pu aller pratiquer aux États-Unis, mais préfère sa culture, son Québec et ses amis. Il a relu au moins trois fois les textes qui racontent en partie son histoire et est bien fier que ce soit une femme qui joue son rôle », révèle l'auteure, très reconnaissante envers ce médecin.
« Il me permet une vie avec Michel, car il l'a sauvé. Comme je le dis souvent, il me demanderait de laver le plancher de l'hôpital, et je le ferais. »
Pour les fins du tournage, le « Doc » lui a même fait venir une salle d'opération de Baltimore, un modèle qu'on montre dans les expositions et que le système hospitalier québécois ne peut même pas se payer.
« On a installé tout cela au studio Mel's pendant 64 jours », rappelle l'auteure, qui a tourné aussi des scènes au département des soins intensifs de l'hôpital du Sacré-Cœur.
Au cœur de l'humain
Le visionnement des deux premiers épisodes nous permet de constater qu'il s'agit d'une série mettant en vedette des acteurs chevronnés. Vous vous attacherez au personnage d'Isabel Richer, interprété avec beaucoup d'aplomb et de crédibilité. Gilbert Sicotte, en psychiatre qui parle de la mort à ses étudiants est criant de vérité ; James Hydman en chirurgien trop sûr de lui qui montre un problème de boisson sera intéressant à voir évoluer ; Laurence Leboeuf en résidente incertaine qui se retrouve en médecine pour les mauvaises raisons crève l'écran. Et que dire de Christian Bégin en médecin d'urgence et de Jean-François Pichette en chirurgien en amour avec la chef. Un casting impressionnant et l'auteure nous donne le goût dès le départ de les découvrir, d'aller plus loin.
Un défi pour l'auteure
Au deuxième épisode, Angèle Coutu en femme psychiatrisée embrase l'écran.
« C'est à ce moment-là que j'ai eu l'idée de l'embaucher comme ma nouvelle directrice dans Virginie. Cette actrice de talent mérite tellement qu'on lui offre de beaux et grands rôles. Elle a une éthique de travail fort impressionnante», souligne Fabienne Larouche.
Chaque épisode a sa propre histoire, ce qui a exigé une nouvelle discipline d'écriture à l'auteure. « Ce fut un beau défi », dit-elle.
Fabienne Larouche espère que les téléspectateurs sauront adopter ses chirurgiens. Car l'auteure sait que le dernier mot appartient au public et non pas aux critiques. Mais avec Trauma, Fabienne Larouche veut aussi reprendre sa place dans le monde de la télésérie. Il sera intéressant de voir l'accueil du public. « C'est mon seul juge », conclut l'auteure et productrice.
La série débute ce soir, 21 heures, à Radio-Canada.