« Trauma est près de la réalité. Il
faut se rappeler, par contre, que
nous sommes dans une fiction.
C'est romancé et dramatisé, mais
ça ressemble à notre milieu. »
À la demande du Journal, le Dr Jean Ringuet, urgentologue à l'hôpital de l'Enfant-Jésus − Centre hospitalier affilié universitaire de Québec − a visionné les deux premiers épisodes de la toute nouvelle série de Fabienne Larouche, Trauma, dont la première a eu lieu hier sur les ondes de Radio-Canada.
Le médecin, qui compte plus de 25 ans de métier, a bien apprécié et a même l'intention de suivre les péripéties des médecins de madame Larouche tout au long de la saison.
Ressemblances
Le Dr Ringuet note plusieurs ressemblances entre la réalité et la série de Fabienne Larouche. « Ça va peut-être faire peur au monde, mais oui, ça existe des médecins qui ont des problèmes avec l'alcool (comme celui interprété par James Hyndman). Comme dans la série, ces médecins sont parfois protégés; personne ne veut les dénoncer... Ça va tant qu'il n'y a pas de faute médicale », dira le Dr Ringuet. « Ça prouve que, même en médecine, on peut avoir des défauts », ajoute-t-il.
Un autre aspect intéressant de la série, c'est, selon le Dr Ringuet, les indécisions de jeunes résidents. Ont-ils ou non choisi le bon métier? À ce chapitre, le personnage Sophie Léveillée (joué par Laurence Lebœuf) est crédible.
« Plusieurs jeunes résidents se demandent s'ils vont ou non rester dans le métier. Parfois, lorsqu'on en voit quelques-uns, on se demande s'ils ne sont pas dans le métier à cause de leur génétique », dit l'urgentologue (le père de Sophie Léveillée était médecin et sa mère est directrice générale de l'hôpital).
La folie et la mort
Par ailleurs, Trauma fait large état de la vie professionnelle des médecins, leur contact avec la mort, la famille des malades... « On semble bien vivre avec tout ça, mais être en contact avec la mort, la maladie tous les jours, ça change une vie. Ce n'est pas donné à tout le monde d'être dans ce métier. Il faut des neurones spéciaux. La série démontre bien les dessous de la vie du milieu hospitalier... Le jeu des acteurs est bon même si certains manquent un peu de naturel lorsqu'ils empruntent les termes techniques du métier. »
Au second épisode, qui sera présenté mardi prochain, Angèle Coutu interprétera une femme psychiatrisée. La séquence est on ne peut plus réaliste, selon M. Ringuet.
« Ce sont des situations que l'on vit à tous les jours. Des personnages dérangeants comme celui-là, ça existe. La population psychiatrique n'est plus dans les hôpitaux psychiatriques. Elle est dans la rue et dans les salles d'attente. »
Pour la suite des choses, le Dr Ringuet souhaite en apprendre davantage sur la vie « hors de l'hôpital » des personnages de Fabienne Larouche. « Il serait intéressant de les voir vivre en dehors de l'hôpital. Jusqu'à maintenant, on les voit surtout évoluer dans l'hôpital », note notre interlocuteur.
Chose certaine, les médecins de Fabienne Larouche rendent quelque peu jaloux le Dr Ringuet. « Je les envie, lance-t-il en souriant. Ils ont un très bel hôpital, de beaux locaux. Ce serait utopique, dans la vraie vie, de travailler dans un si bel environnement. Ce n'est pas une copie conforme de la réalité », termine-t-il.