Chronique

Si tout s'écroulait...

CA_AlbertLadouceur

Albert Ladouceur @

Journal de Québec, Publié le:

Une réunion de routine pour les gouverneurs de la Ligue nationale à Palm Beach, voilà ce dont ne voulaient pas les amateurs qui espèrent le retour de la Ligue nationale à Québec dans un avenir rapproché.

Officiellement, aucune discussion à l'ordre du jour, tant hier que lundi, concernant la relocalisation d'une équipe et les marchés susceptibles de l'accueillir. Pour le commissaire Gary Bettman, il n'était pas question de discuter de Québec, de Winnipeg ou d'une autre ville simplement parce que tout va pour le meilleur des mondes dans sa ligue.

L'enthousiasme des derniers jours à Québec en prend pour son rhume.

Et si l'optimisme manifesté dans la capitale n'était qu'artificiel, quelque chose en vase clos, causé en partie par les efforts des médias pour dénicher la bonne équipe, analyser les marchés en danger, décortiquer et interpréter la moindre petite déclaration de Bettman ou de Bill Daly?

L'obstacle majeur pour le retour de la LNH reste le même depuis des années. Québec ne mise toujours pas sur un amphithéâtre répondant aux normes de la LNH. Même pas un engagement formel à l'effet qu'il sera construit.

N'allez pas demander à Bettman de discuter sur des hypothèses. Il tiendra toujours le même discours, tant et aussi longtemps que cette condition essentielle ne sera pas remplie. La contribution du gouvernement provincial, celle de la ville de Québec ne suffisent pas. Il manque encore des millions de dollars.

Autant il est encore permis de croire que le projet se réalisera et qu'il ramènera les Nordiques, autant il n'est pas idiot de penser que tout peut s'écrouler et que rien ne changera.

Québec ne construira pas son édifice et la LNH demeurera le privilège de Montréal.

Le plan Bettman

Toutefois, avant de lancer la serviette, il faut se rappeler que la LNH ne dévoile jamais tout le contenu des discussions dans ces réunions des gouverneurs. Elle rend public ce qu'elle veut bien. Tous les intervenants se réfugient derrière la confidentialité et personne ne trahira la consigne. Du moins, jamais dans l'immédiat.

Il est possible que le sujet ait été abordé, à savoir comment la ligue devra réagir si des franchises s'enlisent davantage.

Elle épuisera toutes les solutions avant de prononcer le mot « relocalisation ». Actuellement, même si des équipes jouent devant des gradins vides, Bettman croit possible de dénicher des acheteurs qui les garderont dans leurs marchés (Phoenix) ou des investisseurs qui aideront ceux déjà en place (Atlanta, Dallas).

Il y a une quinzaine d'années, Bettman ne tenait pas le même discours. Québec et Winnipeg ont perdu leurs équipes malgré la ferveur des amateurs. Le commissaire tenait absolument à infiltrer le sud des États-Unis, d'est en ouest. Il voulait que sa ligue couvre tout le territoire américain en occupant des villes très populeuses.

Déménager une ou deux équipes et, de plus, les ramener au Canada, deviendrait un constat d'échec qu'il n'est pas encore prêt à accepter publiquement et officiellement. Il n'a pas intérêt à lancer le message que le hockey ne possède pas les atouts pour soulever les passions aux États-Unis au même titre que le football, le baseball et le basket-ball.

Prévenir la LNH

Bettman ne peut forcer un propriétaire à vendre. Si celui-ci désire le faire, on lui recommandera fortement de céder son équipe à un acheteur qui la conservera dans son marché. Il n'y a pas un meilleur exemple que Phoenix, la propriété même de la LNH.

Les Thrashers d'Atlanta sont la seule autre équipe connue sur le marché. Les propriétaires veulent vendre. Pourtant, les dirigeants actuels affirment qu'il est possible de connaître du succès dans cette ville et qu'ils n'envisagent pas cette solution radicale. Mais ils ne déclareront pas publiquement le contraire à ce stade-ci de la saison et risquer de perdre encore plus d'argent d'ici la fin de l'année.

Un dirigeant de la LNH m'a expliqué, l'an dernier, qu'une équipe qui veut jouer dans une autre ville au début de la prochaine saison doit manifester ses intentions à la réunion des gouverneurs de décembre. Ce qui prépare le terrain pour le meeting de mars.

Rappelez-vous des Nordiques en 1995. Jamais, pendant la saison, il n'a été officiellement question du départ des Fleurdelisés. Juste des rumeurs. En mai, ils quittaient pour Denver.

Rien n'avait transpiré des meetings de la LNH.

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