Le triomphe des Jeux de Vancouver donne une poussée irrésistible à la Ville de Québec pour bâtir sa candidature olympique. Balayées, les hésitations, les critiques, les luttes internes qui ont si longtemps paralysé la Cité de Champlain.
Déjà, avant la tenue des Jeux, la majorité de la population souhaitait qu'on relance la machine pour décrocher les Jeux de 2022. Ces 17 jours de compétitions de haut calibre, ponctuées de drames humains, d'espoirs déçus ou réalisés, d'images grandioses et d'émotion à l'état pur ne peuvent qu'entretenir la volonté d'accueillir la flamme dans nos murs.
Il n'y a pas un citoyen de Québec qui ne s'est pas dit au cours des dernières semaines : cela aurait pu se produire ici.
La grande qualité de Vancouver a été de s'approprier ces Jeux avec un enthousiasme un peu délirant qui en a fait un événement festif ininterrompu. On a aussi observé un patriotisme canadien sans précédent qui s'est manifesté également au Québec. Nul doute que ces Jeux contribueront au nation building du Canada.
En juin 1995, Québec a subi une défaite cruelle en ne récoltant que sept des voix du CIO, contre Salt Lake City (54), Östersung (14) et Sion (14). Voici quelques éléments qui militent maintenant en faveur d'une candidature de Québec.
Obstacles disparues
Des obstacles politiques ont disparu. Le premier ministre Jean Charest fait ouvertement campagne pour tenir des Jeux d'hiver. Le maire Régis Labeaume, Pauline Marois et toute la classe politique rêvent d'olympisme. La ville de Québec a été fusionnée et a mis fin aux guerres de clocher. Il faut se rappeler la charge dévastatrice de l'ex-mairesse de Sainte-Foy Andrée P. Boucher contre les Jeux olympiques pour mesurer le chemin parcouru.
Par ailleurs, Marcel Aubut présidera d'ici peu le Comité olympique canadien, qui analyse les candidatures.
Plusieurs observateurs ont noté qu'en 1995 le Québec était en plein débat référendaire, ce qui aurait pu nuire à la candidature de la Ville. Au Québec, on n'est jamais à l'abri d'un référendum, mais disons que ce n'est pas dans l'air du temps.
La montagne, ou plutôt son absence, constituait une faiblesse dans le dossier de Québec. Or, le comité dirigé par Claude Rousseau a sa solution, comme l'a révélé en fin de semaine Le Journal de Québec. Avec les techniques modernes qui permettent de faire du ski en plein désert, il serait possible de rallonger le cap Maillard, dans Charlevoix, pour lui conférer une dimension olympique.
Rentabilité
La question de la rentabilité ou non des Jeux se pose avec moins d'acuité. Après le désastre financier de Montréal en 1976, le label olympique a été brûlé pour bien des années. Calgary a tiré un profit des Jeux et tout indique que Vancouver ne regrette pas d'avoir plongé dans l'aventure. Une étude réalisée en 1997 par un chercheur de l'Université Laval, deux ans après que Québec eut mordu la poussière, concluait que ces Jeux auraient généré un surplus de 216 millions de dollars pour la région et de 116 millions pour l'ensemble du Québec.
Un projet olympique propulserait par ailleurs des investissements dans un amphithéâtre, des liens routiers, des centres sportifs et un train rapide.
Le temps est venu de dépoussiérer le cahier de candidature des Jeux de 2022.
donald.charette@journaldequebec.com