Chronique

Labeaume contre Labeaume

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Jean-Jacques Samson @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

C'est une bien curieuse campagne électorale qui se termine à Québec. Le maire Régis Labeaume aurait pu rester bien sage et attendre le 1er novembre en se contentant de donner un petit coup de pouce occasionnel aux candidats de son équipe dans les districts. Il a préféré faire campagne contre lui!

Il a mené campagne à un train d'enfer, comme s'il avait de véritables opposants, et il a lui-même suscité les deux plus grosses controverses du dernier mois, l'une sur son souhait d'être craint des employés municipaux quant aux risques de corruption et l'autre sur la forte majorité qu'il exigeait pour aller de l'avant avec le projet d'un nouveau Colisée.

En somme, comme toujours depuis 2007, Régis Labeaume a été le plus redoutable adversaire de Régis Labeaume.

Depuis quelques jours, des figurants qui auraient voulu que les médias les traitent comme des candidats sérieux à la mairie s'en prennent à la presse, et notamment à Quebecor, qui ont refusé de se prêter à des simulations en leur accordant des entrevues éditoriales et un traitement quotidien comparable à celui de l'Équipe Labeaume. Les médias n'ont pas à trafiquer la réalité et à donner une visibilité injustifiée, au nom d'un faux prétexte d'équité, à des personnes qui recueilleront entre 0 % et 5 % des voix, et surtout qui tentent de mousser leurs intérêts personnels par une candidature à la mairie.

Opposition en déroute

L'opposition officielle, le Renouveau municipal de Québec, est en déroute. Le parti ne présente que 11 candidats sur 27; il n'a pas trouvé d'adversaire pour affronter Régis Labeaume à la mairie et le parti de Jean-Paul L'Allier est maintenant menacé de disparition. Ce serait sûrement une bonne chose.

Le RMQ traîne un héritage en partie très lourd à porter; il a été incapable de se renouveler sous cinq chefs en quatre ans : Claude Larose, Ann Bourget, Jean-Marie Matte, Alain Loubier, et maintenant Anne Beaulieu.

Un nouveau parti naîtra sûrement au cours des prochaines années, regroupant des gens de centre-gauche sur le plan socio-économique et des verts.

Un balayage

Un balayage par l'Équipe Labeaume ne fait pas de doutes. Le maire fera élire entre 22 et 27 conseillers, même s'il a probablement perdu quelques points en cours de campagne parce que le « style Labeaume » lui a valu des manchettes négatives plusieurs jours consécutifs.

M. Labeaume sera surveillé étroitement par les médias de Québec au cours des quatre prochaines années. Faute d'opposition de calibre à l'hôtel de ville, celle-ci viendra de la presse et de la rue.

Par ailleurs, le maire devra se méfier de lui-même, de son caractère intempestif, de sa tendance à improviser et à s'emballer. Une ville n'est pas une entreprise privée et elle ne doit pas être dirigée comme une pme. M. Labeaume décide beaucoup de choses à la volée, en catimini, alors qu'elles ont des incidences monétaires importantes, et il place ensuite ses propres collègues devant des faits accomplis.

Il a aussi lancé de nombreux chantiers depuis 2007, dans le but de moderniser l'administration de la ville de Québec. Il devra mener ceux-ci à terme. Ce n'est pas parce qu'un groupe de travail a été constitué qu'une réforme est complétée. De nombreux dirigeants d'organisations publiques ou privées, trop pressés d'ouvrir un nouveau front, agissent de la sorte. Régis Labeaume a beaucoup parlé depuis deux ans. Il devra livrer au cours de ce premier mandat complet.

Et surveiller sa santé. Ses collaborateurs deviennent essoufflés à la seule lecture de son agenda.

jjacques.samson@journaldequebec.com

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