Chronique

Labeaumeville

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Jean-Jacques Samson @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Quand Jean Drapeau était au faîte de sa gloire, Montréal avait été rebaptisée Drapeauville par un chroniqueur. Québec est devenue, hier, Labeaumeville.

Régis Labeaume a obtenu la large majorité au conseil de ville de Québec qu'il a réclamée, assise sur un taux de participation qui frôle 50 %. Il régnera sur Québec en véritable monarque pour son premier mandat complet à la mairie. Il n'aura aucune excuse s'il ne répond pas aux attentes.

Les résultats correspondent d'ailleurs sensiblement aux derniers sondages. Les résidents de Québec de toutes les strates d'âge, de l'ancienne ville-centre tout comme de la banlieue, voulaient qu'il ait le champ libre. Le Renouveau municipal, qui détenait la majorité au conseil après les élections de 2005, s'est caractérisé par une stratégie d'obstruction systématique à la mairesse Andrée P. Boucher. M. Labeaume, il est vrai, a eu les coudées relativement franches après sa victoire en 2007, mais il est extrêmement populaire et la population ne voulait pas qu'il soit empêché de mener à terme des projets auxquels elle adhérait d'emblée.

Le maire a largement contribué à installer en 2008 un courant de positivisme dans la ville qui ne s'était pas senti depuis quatre décennies et la population veut que cette douce folie continue.

Le RMQ a été effacé de la carte politique, hier, et il sera probablement remplacé par un nouveau parti avant 2013.

Acte de contrition

M. Labeaume a repris essentiellement, hier, les 10 cibles fixées le 24 septembre dernier qui garnissent son plan de travail pour les 15 (!) prochaines années.

La ligne dure adoptée au cours des dernières négociations avec les 5 000 employés municipaux a par ailleurs contribué à la montée de popularité du maire dans l'opinion publique. Par contre, les tensions sont demeurées très vives à l'intérieur de l'administration municipale. La rancune à son endroit est vive. Sans faire un véritable acte de contrition, le maire s'engage néanmoins à modifier son attitude sur le plan des relations de travail. Venant d'un personnage réputé être orgueilleux et autocratique, cet aveu selon lequel il a bien saisi le message lancé par les fonctionnaires et une partie des citoyens a sûrement été bien accueilli par ces derniers. En somme, le roi négociera dorénavant avec ses sujets.

Au travail

La préparation du budget 2010 qui doit être déposé avant le 31 décembre et la mise à jour du Plan triennal d'immobilisations (PTI) accapareront principalement les élus au cours des deux prochains mois. La Ville a engagé d'importantes dépenses en 2009 et le niveau d'endettement sera à surveiller de près, en plus évidemment du compte de taxes.

Le dossier du nouvel amphithéâtre est par ailleurs devenu le bébé personnel du maire durant la campagne électorale. Ses détracteurs l'ont accusé d'avoir utilisé ce thème populiste pour drainer des voix vers les candidats de son parti, en offrant un mirage aux électeurs largement désireux d'assister au retour d'une franchise de la LNH.

Des gens d'affaires parmi les plus influents de Québec, dont Marcel Aubut, Maurice et Jacques Tanguay, Patrick Roy et autres, lui ont par contre fourni des cautions personnelles sur la place publique, même si l'opération avait une forte saveur politique.

Ce dossier est, ce matin, sur le dessus de la pile au bureau du maire. Tout Québec talonnera Régis Labeaume presque quotidiennement sur la progression de son démarchage pour obtenir et les 350 millions réclamés d'Ottawa et de Québec, et une équipe de la LNH.

M. Labeaume s'est lui-même donné une obligation de résultats rapides.

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