Stephen Harper est le dernier des crétins; Jean Charest est un mafieux; Gérald Tremblay, une sorte de professeur Tournesol; Régis Labeaume, un mégalomane.
De tout temps, les humoristes ont amusé le peuple en se payant la tête des gens de pouvoir. Dans le cours de l'histoire, ils ont même servi de soupape au peuple exploité et ils ont même évité bien des révolutions.
Les auteurs du Bye Bye 2010 ont toutefois versé dans l'insignifiance et la plus grande facilité dans leur revue de l'année politique. Ils ont utilisé de façon très banale tous les clichés de la « go-gauche » que cultive Radio-Canada.
Le couple Cloutier-Morissette s'est bien gardé à l'inverse d'écorcher avec mordant, par exemple, le président de la FTQ, Michel Arsenault, qui a dû admettre avoir séjourné sur le yacht de luxe de l'entrepreneur Tony Accurso, à l'origine des allégations de corruption dans l'industrie de la construction, ou le député-comédien Pierre Curzi, qui a vu un complot fédéraliste dans les décisions de recrutement du Canadien de Montréal.
On vomit sur les gens de droite en politique, les gens d'affaires, les vedettes que le « bas peuple » adule et on flatte, ou tout au moins, on ignore ceux de la gauche caviar qui se sont mis les pieds dans la bouche au cours de l'année. Le résultat : une revue prévisible, banale, et. cheap.
Vulgarité
Deux numéros en particulier ont par ailleurs versé dans une vulgarité inacceptable de la part de tout télédiffuseur, qu'il soit privé ou public : celui parodiant Céline Dion et Julie Snyder et celui sur le gaz de schiste.
Quand on soustrait le temps consacré à dénigrer Quebecor et les proches de la famille, on peut, en plus, couper la revue du tiers du temps de diffusion. Radio-Canada a utilisé une nouvelle fois les fonds publics pour discréditer son concurrent.
La société d'État n'est même pas foutue de mener sa « guéguerre » proprement, elle le fait en s'attaquant bassement à la conjointe du président de Quebecor et animatrice-vedette de TVA.
Quant au sketch sur le gaz de schiste, les prétentieux de Radio-Canada, qui ont déjà trouvé génial l'insertion d'un furet dans l'anus d'un personnage des Bougon, nous ont ramené le subtil Jean-François Mercier, dont on vante « l'audace » d'oser jurer à répétition à l'écran.
Le sujet du numéro était dans ce cas très pertinent, contrairement au sketch sur la publicité par Maman Dion d'un nettoyant pour prothèses dentaires (certainement pas un fait marquant de 2010!), mais le bas niveau de langage de Mercier était gratuit, même si l'exploitation du gaz de schiste a soulevé de vives passions ces derniers mois.
Les auteurs ont évidemment passé sous silence la démagogie dans ce dossier des environnementalistes et de leurs alliés parmi les artistes, comme si les gens d'affaires avaient le monopole du ridicule.
Fonds publics
Le Bye Bye pourrait être d'une pareille médiocrité s'il ne s'agissait pas d'une émission-phare, produite avec un budget astronomique provenant en bonne partie de nos impôts et taxes. Celui de 2006 avait coûté 1,4 million de dollars.
Même en utilisant la Loi d'accès à l'information, nous ne connaîtrons sans doute pas le budget de l'édition 2010 et les cachets faramineux des auteurs et comédiens. Ce serait trop gênant pour Radio-Canada et pour ses dirigeants qui, comme pour la dégradante version de 2008, ont approuvé le contenu.