Ignatieff minimise la crise au PLC

Marc-André Séguin

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Michael Ignatieff et le maire Labeaume.

© Photo Benoît Gariépy

Michael Ignatieff et le maire Labeaume.

À l'aube du congrès de l'aile québécoise du PLC à Québec où il voudra réparer les pots cassés, Michael Ignatieff cherchait hier à minimiser la crise qui règne au sein de son parti depuis la démission fracassante de son lieutenant politique au Québec, Denis Coderre.

Le congrès du PLC, qui s'ouvrira ce matin au Centre des congrès de Québec, s'annonce houleux. Selon plusieurs experts, la démission du député de Bourassa à titre de lieutenant politique de M. Ignatieff est l'illustration d'un malaise qui règne au sein de l'organisation, et qui d'ailleurs a été alimenté au cours des derniers jours par les démissions successives de cinq autres membres du parti qui ont décidé de claquer la porte, notamment l'organisateur en chef du parti au Québec, Pierre Lajeunesse. Or pour le chef du PLC Michael Ignatieff, «des choses plus importantes» devraient être à l'ordre du jour.

Après avoir esquivé une première question sur M. Coderre en point de presse hier sous prétexte qu'il préférait parler du projet de TGV Québec-Windsor, M. Ignatieff a tenu à affirmer que son aile québécoise «se porte bien». «Vous allez voir [aujourd'hui] une salle pleine, vous allez voir de l'enthousiasme», a-t-il prédit concernant le rassemblement de 500 personnes que plusieurs considèrent comme un test pour son leadership, alors qu'un récent sondage CROP-La Presse réalisé au Québec donnait seulement 26% des intentions de votes à son parti, un résultat essentiellement identique à celui de Stéphane Dion aux dernières élections (24%).

«Ce qui compte, c'est que tout l'avenir du parti au Québec soit réglé au Québec par les Québécois sous mon leadership et c'est ça qui va se passer bientôt», a poursuivi le chef du PLC, en référence à peine voilée aux accusations de Denis Coderre, qui déplorait cette semaine que la «garde rapprochée de Toronto» s'ingérait dans les affaires du parti au Québec. Rappelons que le député de Bourassa a quitté ses fonctions après que Michael Ignatieff eut retourné sa veste et décidé d'appuyer la candidature de l'ex-ministre libéral Martin Cauchon dans la circonscription d'Outremont, contre l'avis de M. Coderre. Le démissionnaire avait appuyé la candidature de la femme d'affaires Nathalie Le Prohon.

Prêt pour les partielles

Parlant d'élections, le chef libéral a par ailleurs souligné que son parti sera prêt pour les élections partielles que le premier ministre Stephen Harper annoncera aujourd'hui dans quatre circonscriptions, dont deux au Québec: Hochelaga, à Montréal, et Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, dans l'est du Québec, deux châteaux-forts du Bloc québécois.

La tenue de ces élections ne remet toutefois pas en question la décision de M. Ignatieff d'attendre avant de nommer un nouveau lieutenant québécois. «On va discuter avec le nouveau conseil d'administration, le nouveau président du parti», a-t-il dit, poursuivant que le congrès d'aujourd'hui sera un moment de «renouveau du personnel, de tout».

Entretemps, M. Coderre, ironiquement l'organisateur à l'origine de l'événement, brillera par son absence. Il sera cependant en ondes en fin de soirée à l'émission Tout le monde en parle, quelque chose qui n'inquiète pas M. Ignatieff. «Ce qui compte, ce n'est pas qui n'est pas là. Ce qui compte, c'est qui est là, a-t-il affirmé. Et la salle sera pleine de militants, de bénévoles, de candidats, de présidents d'association. C'est ça qui compte, c'est mon équipe. C'est ça qui va, je crois, nous donner une nouvelle force, un nouvel enthousiasme pour l'avenir.»

marc-andre.seguin@journaldequebec.com

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