Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a présenté jeudi un budget « difficile » qui épargne toutefois les contribuables.
Tel que promis, il évite de puiser dans les poches des Canadiens et de couper les transferts aux provinces pour résorber l'important déficit qui s'élèvera à 49,2 milliards cette année.
Le gouvernement Harper maintient aussi les dépenses de 19 milliards prévues afin de consolider la reprise économique qu'il juge « fragile ».
Pour ramener le pays sur la nécessaire voie de l'équilibre budgétaire, le ministre Flaherty demande donc à l'ensemble de l'appareil gouvernemental de se serrer la ceinture.
Il mise sur un plan de réduction des dépenses de 17,5 milliards en cinq ans, qui comprend notamment un gel symbolique du salaire des ministres, députés et sénateurs pour les trois prochaines années.
Les budgets de fonctionnement des ministères seront bloqués à leur niveau actuel jusqu'en 2012-2013, ce qui signifie qu'ils devront couper dans leurs dépenses afin d'absorber la hausse de salaire de 1,5 % des fonctionnaires prévue cette année.
« C'est un budget difficile. C'est probablement le plus petit budget présenté depuis dix ans au Canada en matière de nouvelles dépenses, et nous avons dû prendre des décisions douloureuses », a soutenu le ministre devant la presse.
Défense et aide internationale
Le gouvernement Harper, qui a réinvesti massivement dans l'équipement militaire depuis son accession au pouvoir, revoit à la baisse la croissance des crédits accordés au ministère de la Défense nationale.
Ottawa récupérera ainsi 525 millions en 2012-2013, puis 1 milliard annuellement par la suite.
En appliquant cette mesure dans deux ans seulement, le gouvernement soutient qu'il évite de nuire à la mission canadienne en Afghanistan qui prendra fin en 2011.
Puis, après une hausse consentie cette année lui permettant d'atteindre un total de 5 milliards, l'enveloppe de l'aide internationale canadienne sera gelée, ce qui devrait permettre de dégager des économies de 4,5 milliards d'ici à cinq ans.
Le gouvernement entreprendra aussi un « examen complet des fonctions administratives et des frais généraux de l'État » afin d'exercer ses responsabilités à moindre coût.
Vers l'élimination du déficit
Jim Flaherty estime que le déficit record du gouvernement fédéral fondera de moitié pendant les deux prochains exercices financiers, alors que viendront graduellement à échéance les mesures de son Plan d'action pour l'économie.
Il fait le pari que le régime d'austérité imposé à la machine gouvernementale, combiné à une hausse prévisible de ses revenus en raison de la reprise économique, sera suffisant pour éponger l'essentiel de ce manque à gagner historique.
En tablant sur une croissance du PIB de 2,6 % cette année, puis sur des hausses moyennes de 3 % jusqu'en 2013, le gouvernement Harper prévoit que son déficit, ayant atteint un sommet de 53,8 milliards l'an dernier, diminuera progressivement jusqu'à 1,8 milliard en 2014-2015.
« Si nos prévisions ne sont pas au rendez-vous, nous ferons encore plus en terme de resserrement des dépenses », a dit le ministre.
Il souligne toutefois que le gouvernement a établi ses prévisions en se basant sur l'avis de 15 économistes du secteur privé.